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Date de sortie: 15/05/2003
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Si vous avez manqué le début:
Les machines creusent la terre vers Zion, foyer de la résistance à la Matrice. Elles sont suivies de milliers de pieuvres mécaniques pour éliminer un à un les milliers de réfugiés de Zion. Si Neo est maintenant reconnu comme l’Elu, il ne sait hélas toujours pas ce qu’il doit faire pour défendre la cité et libérer son peuple…
Notre critique:
Neo est de retour. Le Jésus-Christ de Zion est là pour sauver la cité de la malédiction qui la menace. Avec lui, c’est tout une réflexion sur le libre arbitre, sur le pouvoir des machines et sur la notion de contrôle de celles-ci que nous assènent Larry et Andy Wachowski, les frères réalisateurs et concepteurs du monde de la Matrice. Ils nous dévoilent pour la première fois le monde des rebelles de Zion, village tribal, qui, au son des tambours, scande un hymne à la chair et au contact (tout ce qui est banni par les machines), un hymne à l’amour de l’Elu et de sa maîtresse, nouveaux Dieux de cet univers en perdition.
On s’y attendait, on le savait et l’on n’est donc pas surpris. THE MATRIX RELOADED est avant tout une surenchère d’effets spéciaux, une montée en force du virtuel qui balaie tout sur son passage. Fini (ou presque) le bullet-time (que des dizaines d’autres films ont imité), fini les hésitations et les apprentissages de Neo, voici The One (L’Elu), une sorte de super-héros (« il fait son truc Superman », comme dit un des protagonistes) capable de combattre cent agents Smith ou de voler à des vitesses phénoménales entraînant tout (voitures, bus, etc) sur son passage. Mais la surenchère a un prix: à vouloir aller toujours plus loin, on finit par atteindre les limites techniques du moment. Et cela donne quelques personnages de synthèse qui ressemblent beaucoup plus à de l’image virtuelle qu’à un acteur ou une actrice en chair et en os… ou des clones d’agent Smith qui ne ressemblent plus tout à fait à l’original.
Face à cet extrémisme en effets spéciaux, on aurait pu avoir peur que les frères Wachowski en oublient complètement l’histoire fabuleuse qu’ils avaient inventée dans le premier opus et dont nous attendions tous la suite. Soyons rassurés, Neo poursuit sa vie virtuelle et réelle. Et au-delà de la découverte de la cité cachée de Zion, fief des rebelles à la Matrice, Larry et Andy W. nous ont réservé quelques belles révélations et retournements qui ne manqueront pas de titiller le cerveau des fans. Ils ont aussi hélas conservé ce côté moins passionnant qui consiste à nous bombarder de phrases toutes faites et pleines de sous-entendus philosophico-mystiques. Il faudra donc, comme dans le premier, décrypter le tout pour en tirer la substantifique moelle.
Assez étonnamment, ce deuxième opus s’éloigne fortement du sérieux de l’univers du MATRIX original et glisse sur la pente de l’ironie et parfois de la franche rigolade. Lambert Wilson énonçant que le français est la plus belle langue du monde pour les injures en illustrant cela par un chapelet de jurons est irrésistible. Monica Persephone- Bellucci se faisant braquer par Carrie-Ann Trinity- Moss parce qu’elle veut embrasser Neo nous fait nager en plein délire de jalousie amusante. De nombreuses autres scènes font aussi clairement référence à la BD, dans leurs excès (l’attaque des clones de Smith) ou dans leur humour (les jumeaux assassins). Et même si c’est humour est le bienvenu, il choquera probablement les fans de l’univers noir qui avait tant frappé nos imaginations de spectateur dans le numéro un. Mais on ne peut satisfaire tout le monde…
Au final, THE MATRIX RELOADED n’est pas si différent de ce que l’on pouvait attendre. Malade de ses qualités (le trop plein d’effets spéciaux), puni par où il pêche (un message parfois trop mystique), ce deuxième opus a en plus le culot de nous balancer un ‘to be continued’ (A suivre) comme si il n’était qu’un petit épisode à suivre d’une série à succès. Pas de doute, les pour et les contre vont s’affronter sur l’autel de ce qui restera l’événement (double) de cette année.
