Equipe: Dimitri Colas, Franck Salomé, Gary Clichy, Louis Clichy, Rod Paradot
Durée : 90′
Genre: Film d’animation
Date de sortie: 14/10/2026
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
C’est le jour de la photo pour les CM1. Au milieu du brouhaha, la séance photo s’organise…
Notre critique:
Après avoir affiné ses talents d’animateur chez Pixar (RATATOUILLE, WALL-E, LA-HAUT) et co-réalisé avec Alexandre Astier deux opus animé d’ASTERIX (LE DOMAINE DES DIEUX et LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE), Louis Clichy délaissé la rondeur de la 3D et reprend le pinceau pour une animation 2D artisanale où la sensibilité du trait reprend toute sa force.
Louis Clichy se souvient d’une partie de son enfance et nous partage le quotidien rural d’un Christophe encorseté dans sa vie. Un père à l’autorité silencieuse, un frère qui embraie le pas, une mère qui tempère… et sa maladresse désarmante.
A 11 ans, dans la campagne, l’existence peut-être frustrante. Plus vraiment enfant, pas encore ado, Christophe navigue entre les maux d’un ordinaire précaire coincé entre les soucis du milieu agricole de sa famille et une éducation relativement rigide. Le corset est l’environnement de Christophe : étouffant, immobilisant.
A lui de trouver le moyen de jouer avec ça pour trouver sa place, son épanouissement, son émancipation au coeur une société qui ne l’attend pas.
Toute la subtilité du réalisateur est de mettre tous les éléments narratifs à hauteur de son héros. C’est donc par petites touches que nous cernons sa vulnérabilité, son entourage et leurs problèmes.
Il y a du Sempé ou du Alexis Dormal dans cette magnifique animation – que l’on pourrait catégoriser de traditionnelle – d’une finesse remarquable. On se croirait replonger dans les plus belles planches de BD des deux orfèvres précités. Sentiment renforcé par une mise en images globalement axée sur des plans fixes joliment composés. Quelques panos, et autres envolées lyriques – quand Christophe use de son pouvoir – dynamisent l’ensemble. Du miel pour les yeux.
La musique y joue un rôle fondamental. Uniquement intradiégétique, elle étoffe le récit comme il se doit. Elle sera le sésame d’une nouvelle vision du monde. Les couleurs à l’aquarelle, mariées à celles numériques, nimbent l’ensemble d’une douceur rassurante sans effacer le drame.
En offrant la voix de Christophe à son fils Gary, le réalisateur lui (et nous) fait un très beau cadeau. Son timbre encore enfantin et son petit cheveu sur la langue confèrent une humanité évidente au petit héros. LE CORSET ne déborde nullement d’emphase, et n’oublie jamais de prendre son envol de temps à autre, conférant une pointe de magie à ce bel objet.
Tout dans LE CORSET est modeste. Son budget, son histoire, son ambition mais toute cette discrétion est à mettre au crédit du résultat. Quand le cœur (du projet) est placé au bon endroit, il emballe, il emmène, il charme, il émotionne.
Cette fiction de Louis Clichy grandira avec ses spectateurs, par sa justesse, son visuel et son émotion. Et sa portée est universelle…
