Titre français : L'Odyssée
Equipe: Anne Hathaway, Christopher Nolan, John Leguizamo, Matt Damon, Robert Pattinson, Tom Holland, Travis Scott
Durée : 172′
Genre: Drame épique
Date de sortie: 15/07/2026
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Après la guerre de Troie, Ulysse affronte un voyage périlleux pour retourner à Ithaque, rencontrant en chemin des créatures comme le Cyclope Polyphème, les Sirènes et Calypso.
Notre critique:
Le voilà… à force d’une communication marketeuse construite comme une machine à envoûter, le dernier Christopher Nolan a effectué son débarquement. THE ODISSEY est en salles et c’est le film à voir! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’ensemble des systèmes de communications actuels.
Quoique l’on pense de Christopher Nolan, Le scénariste/producteur/réalisateur – qui s’est érigé en marque – à la main mise sur tout le marketing de ses films. Il en résulte toujours une promotion axée sur un aspect technique voire un twist scénaristique avant même le propos de l’oeuvre. The Odyssey est à nouveau le chantre de ce concept marketing. Le film est entièrement capturé par des caméras Imax, avec une majeure partie des décors et autres artéfacts construits en dur… et bla bla bla…
Bref, on nous vend un film sur catalogue, en envoyant son VRP de luxe. Et Nolan de chanter les louanges de son barnum. Il est à noter que sa verve met en avant le fait que le cinéma se vit en salles, et le cinéaste d’opter pour un format que moins de 10% des spectateurs seulement pourront expérimenter (!?). De qui se moque-t-il ?
Qu’à cela ne tienne pour les curieux, un site met côte à côte tous les formats d’exploitation du film… (de la com on vous dit, que de la com… ). The Odyssey est la fiction à voir au cinéma… quel qu’il soit. On a quand même l’impression qu’on nous prend pour des moutons de panurge.
Attardons-nous sur le cœur du dernier lardon de notre cinéaste démiurge. Et avouons que L’Odyssée d’Homère revu et corrigé –pour ne pas dire dévitalisée – par Christopher Nolan a de quoi intriguer. Nous n’allons pas, ici, résumer une histoire connue peu ou prou de tous, donc point de divulgachâge. L’intérêt ne réside point dans son déroulé (quoique) mais dans le regard personnel adopté. Ici, tout est vu du point de vue contemporain et de l’homme, d’en bas, au diable les Dieux ! Et là réside la principale originalité de cette fiction ! Il visse sa mise en image au sol et tente l’ancrage contemporain. En proposant une Ithaque moderne, reflet d’un New-York bigarré où la xenia (la loi de l’hospitalité) est de mise, Nolan ouvre son propos à une certaine modernité. Certes, fort peu nuancé, mais de bon aloi. Si l’homme ne se remet pas en question, il court à sa perte. Actuel, juste mais balourd.
Comme de coutume, sa mise en images reste fort peu spectaculaire parce que toujours assez faciale, plate, lourde et sagement cadrée. L’intérieur du Cheval de Troie est trop propre, alors qu’elle devrait être doloriste, puante voire répugnante tant l’abnégation et la pugnacité de ces hommes pour entrer dans la cité devait être forte. Telle sera donc l’image… nette ! La violence : rejetée hors-cadre. Le tout est désexualisé voire aseptisée ; mais des idées surgissent et sont sporadiquement épatantes.
Que ce soit celle derrière Athéna, la séquence entière de Circée, la scène des enfers et Sinon ou la rédemption que cache cette odyssée vécue par Ulysse… Trouvons-là matière à une certaine satisfaction… A côté de cela, il y a pléthore d’anicroches, d’éléments qui grattent aux entournures…
La première heure est montée à la truelle, les séquences de dialogues (l’échange entre Pénélope et Télémaque sur la terrasse de Ithaque) sont sur-découpées. On urge les scènes pour donner un sur-régime inutile aux événements. Jamais les 10 années de voyage ne se font ressentir. Les moments s’enquillent les uns après les autres sans sourciller, sans s’attarder sur les sentiments, les morts… sans empathie. Et il en manque de l’humain dans The Odyssey – hormis dans l’axe global du récit mais il ne dépasse que trop rarement la lettre d’intention!
Nolan est incapable de traiter les sentiments, on le sait ! Chez lui, l’émotion est pachydermique et se déverse à coup de seaux sur une deux séquences par œuvre. Ainsi les pertes humaines, les sacrifices, les retrouvailles avec un chien, l’amour de Calypso… tout est balayé d’un revers de main. Une froideur que l’on pourrait calquer sur le comportement d’Ulysse maintenant ainsi le spectateur à distance de toute émotion. Regardez mes belles images et pour peu que vous soyez victime du syndrome de Stendhal, émotions vous vivrez. Les autres, passez votre chemin et prenez patience… les retrouvailles entre la tisseuse et l’aventurier soutenues par le composition inspirée de Ludwig Göransson (ce gaillard est totalement fascinant) convergent vers la sensibilité tant souhaitée ; avant de se vautrer dans un lynchage des prétendants (au mariage) ridicule qui détruit toute la repentance d’Ulysse !
The Odyssey et son casting Fashion Week forment un tout aussi hétérogène… Les acteurs ne s’effaçant que rarement derrière leurs personnages.
The Odyssey n’est pas plus bouleversant qu’épatant, il reste néanmoins passionnant à analyser car il met en avant les forces et les faiblesses d’un cinéaste devenu aussi starifié que ses acteurs. Nolan est un bon cinéaste d’idées. Nolan est un excellent publiciste. Et à toujours se retrancher derrière ses concepts, il ne fait plus illusion et son manque de confiance derrière la caméra se fait de plus en plus sentir…
