Michael Collins
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Michael Collins

par Christophe Bruynix
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 132’
Genre:
Date de sortie: 18/03/1997

Cotation:

0 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

On l'ignore souvent: pendant que l'Angleterre se battait sur le front continental en 1916, elle n'hésitait pas à mater dans le sang la rébellion irlandaise dont Michael Collins fut l'un des grands leaders, assassiné à 31 ans pour ses prises de position pacifistes.

 

Notre critique:

C’est le destin exceptionnel de ce nationaliste convaincu que Neil Jordan a choisi de transposer en images pour son film le plus personnel à ce jour.

MICHAEL COLLINS est un des premiers scénarios écrit par Neil Jordan, il y a plus de dix ans. Mais il a dû attendre ses succès et prendre un peu de bouteille pour enfin se lancer dans sa périlleuse mise en images. Car il en faut de l’expérience pour pouvoir imposer un personnage aussi complexe et extrême (il fut d’abord « terroriste »-aux méthodes admirées et reprises par d’autres révolutionnaires- puis négociateur pacifiste avec l’Angleterre, et enfin chef de l’armée irlandaise luttant contre les factions nationalistes dures) ! Il en faut aussi pour parvenir à rendre sans simplification le contexte politique particulièrement troublé de l’Eire naissante (guerre d’indépendance, puis guerre civile). Neil Jordan a acquis la maturité nécessaire.

MICHAEL COLLINS est un film enflammé, pétri d’idées sur la liberté, de convictions et d’actes politiques. C’est un film viril, aussi énergique dans les scènes de discours que dans celles de batailles de rues. On y trouve, par contre, peu d’émotion. Malgré sa sincérité brutale, le personnage, tout habité par son combat politique, s’y prête peu. Et les quelques scènes sentimentales sont si rapides qu’elles ne font pas oublier l’âpreté de la lutte. Il faut dire aussi qu’elles reposent sur la présence de Julia Roberts, seule faiblesse dans les choix artistiques de Neil Jordan. A côté de la présence massive et électrisante de Liam Neeson (en Collins), à côté du jeu subtilement sinueux d’Alan Rickman (en Eamon de Valera, nationaliste dur, d’abord allié puis adversaire de Collins), le manque d’intensité de la belle Julia fait un peu tache. Mais si peu que nous ne chicanerons pas.

Malgré une certaine sécheresse, MICHAEL COLLINS a l’ampleur et les qualités des grands, comme LAWRENCE D’ARABIE ou MALCOLM X. Une excellente raison pour se précipiter dans les salles et vivre le Grand Spectacle de l’Histoire.