Pay It Forward
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Pay It Forward

par Olivier Loncin
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 123’
Genre:
Date de sortie: 30/01/2001

Cotation:

0 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Dans le cadre d'un cours d'étude du milieu (ou quelque chose du genre), le professeur (Kevin Spacey) propose à ses élèves de trouver une idée qui pourrait, ne fut-ce que modestement, changer le monde, et surtout de tout mettre en oeuvre pour réaliser concrètement cette idée.Un élève (Haley Joël Osment - THE SIXTH SENSE) imagine de rendre service à 3 personnes qui en ont vraiment besoin, en échange du fait qu'elles rendent par la suite elles aussi service à 3 personnes qui, elles-mêmes, en échange du service reçu, rendront service à 3 autres personnes, et ainsi de suite.
Bien sûr, il faut que le service en vaille la peine. Il ne s'agit pas ici d'aider à tondre la pelouse du voisin, mais d'avoir une vraie démarche altruiste envers un autrui en détresse. Il faut que cela compte vraiment pour la personne aidée. Et notre bienfaiteur en herbe décide de recueillir un sans abris, ce qui n'est pas forcément du goût de sa maman (Helen Hunt).

 

Notre critique:

Dans l’idée de PAY IT FORWARD, il y a de la générosité. Une générosité formidable. Le nouveau film de Mimi Leder (THE PEACEMAKER, DEEP IMPACT) nous parle d’une chose à laquelle notre époque a depuis trop longtemps oublié de croire: la vertu du bienfait. Et cela fait tout drôle de voir un film qui en lieu et place des sempiternelles histoires d’agression et de vengeance propose de s’interroger sur la capacité humaine à faire le Bien. Du point de vue des réflexions qu’il peut susciter, le film est plutôt réussi. L’attention donnée à autrui n’est pas forcément naturelle. Elle demande un effort qui n’est pas forcément récompensé. Mais c’est là l’intérêt du don. C’est qu’il ne s’agit pas d’une relation commerciale dans laquelle toute chose s’échange en fonction de son prix. En étant gentil envers l’Autre, on s’expose au fait que l’Autre nous déçoive, ce qui nous pousse souvent à laisser tomber les bras et à revenir à une confortable indifférence. Sur ces points, le scénario de PAY IT FORWARD s’en sort très bien et fait même preuve d’une réelle subtilité, aidé en cela par les talents conjugués d’Helen Hunt, Kevin Spacey et Haley Joël Osment.

Evidemment, la mise en images est prise en charge par l’industrie hollywoodienne. Alors, c’est sûr: le résultat est parfois bancal. A Hollywood, il faut qu’on explique. Il faut qu’on sur-explique. Il faut qu’on insiste, en poussant un peu la guimauve pour s’assurer que l’émotion est bien ressentie par ce mangeur de pop-corn qu’est le spectateur. Du coup, le scénario perd par moment le crédit acquis grâce à l’abord plutôt fin de son sujet. N’empêche, si la réalisation et certains bouts de scénario pêchent par la grosseur de leurs sabots, l’histoire, les acteurs et de nombreux passages méritent qu’on les défende.

Le plus à craindre avec PAY IT FORWARD, c’est qu’à cause de son hollywoodisme, il se fasse descendre en étant taxé de « film américain cucul ». Cela donnerait raison au cynisme ambiant et à cette incapacité chronique que nous avons chacun de croire en notre capacité à faire le bien, et par là à changer le monde.

PAY IT FORWARD défend, parfois avec maladresse, une idée qui fait du bien au coeur. Ce serait dommage, en prétextant cette maladresse, de jeter le bébé avec l’eau du bain.