Mercredi 9 septembre 2026. Cette fois, la température descend en même temps que le nombre de films. 3 seulement vus aujourd’hui mais une belle vision avec UN BON PETIT SOLDAT de Stéphane Brizé. qui pourrait bien avoir un prix.
9h00. UN BON PETIT SOLDAT (Sala Darsena, Venezia 83)
Carla a 43 ans. Elle a été engagé chez Amali comme directrice des ressources humaines. Mais le patron de Amali n’est pas un facile. Il a des idées plus qu’arrêtées et ne s’embarrasse pas vraiment du côté humain même si l’image de l’entreprise veut mettre l’humain en avant.
Voilà un sujet qui, avec Stéphane Brizé (UN AUTRE MONDE, EN GUERRE, LA LOI DU MARCHÉ) aux manettes, ne pouvait que faire mouche. Avec son scénario très travaillé, UN BON PETIT SOLDAT va aller fouiller dans tout ce qui caractérise les grosses entreprises de nos jours, ces entreprises qui, entre image et réalité, vivent sur le fil de l’hypocrisie permanente. Et Brizé se joue d’emblée de cette hypocrisie avec une scène d’entrée totalement choc qui va définir les 2 personnages pour tout le reste du film.
Récit sans pitié, UN BON PETIT SOLDAT va démasquer le dessous des cartes pour exposer au grand jour les méthodes manageriales: qu’ils soient pervers manipulateur, béni oui-oui, honnêtes ou manipulateurs, les managers ou les patrons vont passer sur le grill de la vision de Brizé et de ses 2 scénaristes, Coralie Amedeo et Olivier Gorce. Ils vont aussi se servir des teams buildings pour voir comment on manipule les employés à leur insu. Et en plus, avec beaucoup d’intelligence, l’insertion dans le scénario de l’usage d’une caméra d’entreprise pour préparer le nouveau spot publicitaire, permet de montrer comme cette caméra peut biaiser le comportement des employés mais aussi du patron.
Le choix d’une mise en scène avec une caméra très mobile, façon reportage, brouille les pistes et augmente le côté réaliste déjà développé par un casting minutieusement choisi parmi des acteurs et actrices qui ont déjà collaboré avec Stéphane Brizé sur d’autres projets. Vincent Lindon est un habitué du cinéma du réalisateur (c’est sa 6e collaboration), même si pour cette fois, il est dans la peau d’un patron destructeur tandis que c’est la 2e fois qu’Alba Rohrwarcher travaille avec Brizé dans le rôle clé de Clara, la directrice des ressources humaines, le « bon petit soldat’ du titre qui se tue à la tâche tout en négligeant sa propre vie.
UN BON PETIT DOLDAT est un film parfaitement maîtrisé qui mériterait un prix à Venise notamment pour l’excellente prestation de Alba Rohrwarcher!
11H15. PLACE TO BE (Sala Giardino, Venice Open, Hors compétition)
A PLACE TO BE correspond parfaitement à la définition croisée d’un « feel good movie » et d’un « buddy movie »> L’intelligence ici est d’avoir joué la carte d’un buddy movie entre une femme âgée et un homme d’âge moyen qui vont partager un moment d’existence autour de la quête de la femme qui veut rendre un pigeon entré chez elle par hasard à son propriétaire.
Amusant, pétillant parfois surtout pour le face à face Ellen Burstyn (Brooke) / David Wenham (Chad), A PLACE TO BE est à la fois une romance improbable et une quête qui transcendera les personnages. Largement porté par les 2 interprètes, les personnages sont attachants, juste hors sol comme il faut pour que l’on s’identifie bien à eux.
PLACE TO BE est un moment de cinéma divertissant porté par de très bons acteurs.
19h45. UN PEU AVANT MINUIT (Sala Darsena, Venezia 83)
Léo (Melvil Poupaud) apprend la mort de son père biologique qu’il na jamais connu. Plutôt hésitant sur le fait de revendiquer son héritage et surtout de rencontrer une demi-soeur qu’il n’a jamais vu, Léo passe quelques jours à Paris pour renouer avec son passé et peut-être apprendre ici à se connaître lui-même.
UN PEU AVANT MINUIT, nouveau film de Nicolas Pariser (LE GRAND JEU, ALICE ET LE MAIRE), est une errance d’un personnage en quête de soi. Si Melvil Poupaud semble très à l’aise dans l’incarnation de ce type de personnage, on ne peut pas dire que beaucoup de spectateurs vont se retrouver dans cette parisiennerie pseudo-intellectuelle qui a une fâcheuse tendance nombrilisite.
De personnage en personnage, on côtoie des gens qui soit s’en foutent de leur passé, soit vivent encore dans le passé d’un journal qu’ils avaient lancé et qui était plus prétexte à la fête, à la beuverie et à la drague (un peu forcée) qu’aux nouvelles de premières importances. Dans ce patchwork de rencontre au fil de l’eau, seuls les personnages de Léonie Simaga (Eléonore) et de Micha Lescot (François) tirent un peu leur épingle du jeu et soulèvent des questions pertinentes.
Pour le reste, on se demande ce que les autres acteurs viennent faire dans cette galère, se débattant tant bien que mal pour faire exister leurs personnages qui à l’instar de la Marianne de Godard dans PIERROT LE FOU semblent nous dire « Qu’est-ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire… ».
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Ce soir le soleil ne se couchera pas sur la lagune dont le ciel est envahi par les nuages et la pluie.


