The Lost Daughter
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The Lost Daughter

par Thibault van de Werve

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Les vacances à la plage d'une femme prennent une tournure sombre lorsqu'elle commence à affronter les troubles de son passé.

 

Notre critique:

Bien qu’elle tourne moins ces dernières années, on connaît bien Maggie Gyllenhaal actrice. Place désormais à Maggie Gyllenhaal réalisatrice qui a décidé d’adapter « Poupée volée » d’Elena Ferrante. D’ailleurs, Gyllenhaal s’est également chargé de l’adaptation du livre en scénario en plus de réaliser le film. Sacré challenge de démarrer un projet si ambitieux en occupant deux postes aussi importants! Challenge relevé ?

Les vacances à la mer de Leda, professeur à l’université, prennent une tournure dramatique quand son obsession pour une jeune mère la force à affronter ses propres secrets.

Synopsis concis et pourtant, annonciateur de possibles drames. En tout cas, l’été de Leda ne sera pas aussi reposant que prévu à cause de cette rencontre avec Nina et sa petite fille. Un jour, la petite va se disparaitre alors que tout le monde est sur la plage et puis, ce sera le tour de sa poupée. Au fur et à mesure que les événements se déroulent, Leda se remémore de plus en plus son passé. Des traumas aux drames. C’est avec ça que Maggie Gyllenhaal joue astucieusement dans sa mise en scène et surtout son montage. Réussir à rendre dramatique des événements qui ne le sont pas toujours tant que ça. Le résultat est efficace car l’ambiance est très réussie. Cette atmosphère légère de vacances en Grèce, plombée par une espèce de tension assez inexplicable, est savoureuse et donne tout son charme au film qui se décline comme une espèce de parenthèse.

La fille perdue du titre, c’est Leda, c’est Nina, sa fille, les filles de Leda, voire la poupée elle-même. Ce sont ses différents niveaux de lecture qui rendent THE LOST DAUGHTER aussi prenant. Son côté classique est très plaisant mais ce sont véritablement tous ses sous-textes qui le rendent si passionnant. La simplicité en apparence mais avec plein d’éléments qui viennent enrichir le récit.

Maggie Gyllenhaal ne fait pas des débuts éclatant en tant que réalisatrice mais on sent de nombreuses choses très intéressantes malgré tout. Elle a clairement un savoir-faire pour faire monter la tension, grâce à ses choix de cadrages ou au rythme du montage notamment.

Dakota Johnson dans The Lost Daughter

Évidemment, rien ne serait pareil sans la prestation d’Olivia Coleman (vue récemment dans THE FATHER). Elle a déjà un Oscar de la meilleure actrice (pour THE FAVOURITE), ce n’est pas pour rien. Elle illumine le film par sa présence, tout en lui ajoutant la tristesse et le malaise éprouvés par son personnage. Bien sûr, Dakota Johnson, Jessie Buckley, Peter Sarsgaard ou encore Oliver Jackson-Cohen et Ed Harris apportent beaucoup mais c’est véritablement Coleman la star du show.

C’est donc un premier essai plutôt réussi pour Maggie Gyllenhaal qui parvient à embarquer les spectateurs dans son intrigue. C’est maitrisé, très propre, bien dirigé et avec des comédiens investis. Vraiment, ce sont des débuts très prometteurs que nous livre là Maggie Gyllenhaal. 

 

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