Equipe: Adrien Brody, Brady Corbet, Felicity Jones, Guy Pearce, Isaach De Bankolé, Joe Alwyn, Mona Fastvold
Durée : 224′
Genre: Drame
Date de sortie: 05/02/2025
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
1947. Fuyant l’Europe d’après guerre, Laszlo Toth entre enfin sur le territoire américain dans un tumulte et une bousculade…
Notre critique:
3h35. Avec dans compris dans ce timing, 15 minutes d’entracte séparant la partie 1 et la partie 2 de ce film qui se veut monumental. Vous avez dit monumental? Monument est le mot clé du film, puisque son titre, THE BRUTALIST, fait référence au brutalisme, ce style d’architecture des années 50 jusque 70 qui consiste à éviter les ornements, à avoir des motifs répétitifs et à laisser le béton le plus brut et le plus visible possible. Une des premières manifestations du brutalisme a été certaines créations du français Le Corbusier.
Mais réduire THE BRUTALIST à un film d’architecture serait omettre la volonté du réalisateur, Brady Corbet (VOX LUX), de construire une oeuvre majeure en forme de fresque autour du brutalisme. Pour ce faire, il a créé de toutes pièces un architecte de génie Laszlo Toth (sorte d’amalgame de plusieurs personnalités de l’architecture) débarquant aux Etats-Unis fuyant l’Europe de l’après guerre.
Dans la première partie, Brady Corbet détaille comment Laszlo arrive aux Etats-Unis (la séquence d’ouverture du film est un immense moment de cinéma), comment il grimpe les échelons (avec beaucoup de chance) pour devenir l’architecte réputé qui va construire un monument du brutalisme pour un milliardaire excentrique.
La seconde partie, après l’entracte inclus dans le film (l’écran de l’entracte comptant les minutes et les secondes avant la fin), décrit l’arrivée de la femme de Laszlo, Erzsebet et leur nièce Zsofia, aux USA et la déchéance lente de Lazslo.
Un épilogue savoureux, jouant sur une mise en abyme de cet architecte de fiction pour mieux en faire un personnage crédible, vient couronner les 3h35 de film.
Si vous en doutiez, le film est foisonnant! C’est une fresque, une fable sur la création, sur le talent, sur le génie avec des personnages plus grands que la vie elle-même. Devant la caméra, on trouve Felicity Jones (ROGUE ONE), Adrien Brody (THE PIANIST, THE GRAND BUDAPEST HOTEL) et Guy Pearce (MEMENTO) qui n’étaient pas les interprètes prévus au départ (c’étaient d’abord Joel Edgerton, Marion Cotillard et Mark Rylance, qui ont été écartés ensuite pour cause de Covid et de calendriers de tournage) mais qui transcendent réellement le film et lui donnent cet aspect monumental.
Si Adrien Brody aurait mérité sans aucun doute le prix de l’interprète masculin à Venise en 2024, THE BRUTALIST y a obtenu le Lion d’Argent du meilleur réalisateur pour Brady Corbet. Son ampleur, sa dimension en tant que fiction sont clairement des aimants à prix et il serait étonnant que le film ne remporte pas quelques Oscar!
