Demonlover
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Demonlover

par Jean-Dominique Quinet
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 130′
Genre:
Date de sortie: 14/01/2003

Cotation:

2 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Deux sociétés s’affrontent pour obtenir des droits d’exclusivité de diffusion des nouvelles images de Volf sur Internet: Mangatronics et Demonlover. Mangatronics a recruté Diane comme espionne industrielle pour servir ses intérêts en torpillant le contrat de Demonlover de l’intérieur. Si des liaisons entre Demonlover et certains sites pornographiques violents et illégaux sont connues, cela mettrait en péril les chances qu’a Demonlover de remporter les contrats avec la société Volf. Diane découvre qu’ils ont aussi leur stratégie et leurs espions parmi ses collaborateurs apparemment neutres et naïfs. Suite à cette découverte, elle devient une menace. Demonlover peut alors l’apprivoiser, la menacer… et la recruter.

 

Notre critique:

Après avoir signé LES DESTINEES SENTIMENTALES, une fresque historique ambitieuse, Olivier Assayas s’en retourne à ses obsessions: l’auto-destruction, le sexe et la mort. DEMONLOVER est un film de contraste qui voudrait s’interroger sur les dérives de notre époque. Hélas, tiraillé entre deux styles et deux histoires qui s’assemblent maladroitement, il ne parvient jamais à nous accrocher, voire pire, il nous énerve quand il finit par sombrer dans la caricature la plus grossière d’internet et du manga.

rnrn

Et pourtant… Pris séparément, chaque demi-film récèle bon nombre de qualité. L’histoire d’espionnage industriel sur fond de mangas pornos, vue à travers le prisme glacial et sans émotion des réunions de travail, installe peu à peu un suspense intéressant, le malaise étant accentué par un casting alléchant pour qui apprécie le cinéma américain indépendant (Chloé Sevigny, Gina Gershon, Connie Nielsen). Paradoxalement, c’est lorsque le film monte en puissance et introduit le sujet des snuff webcams sur internet qu’il se dilue et se perd. Chaude, sale et glauque, la mise en scène contraste. Mais le scénario ne tient pas le choc: cette disgression (qui prend peu à peu le rôle principal) est trop artificielle, trop simpliste (internet=sexe et perversion) et trop appuyée. Bien vite, on a compris où Assayas tente de nous mener. Le reste de la vision n’est plus qu’un (trop) long parcourt du combattant qui se termine sans surprise et avec beaucoup d’amertume par le « suicide » programmé de l’héroïne principale.

rnrn

Dommage, car Assayas, ne parvenant pas à dominer ses obsessions, se paie finalement le luxe de rater deux films en une fois…