The World Is Not Enough
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The World Is Not Enough

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Le Monde Ne Suffit Pas

Equipe:
Durée : 128′
Genre:
Date de sortie: 30/11/1999

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

James Bond élimine l’auteur de l’attentat qui a assassiné un magnat du pétrole, Robert King. Bond se doute que sa fille Elektra King est aussi en danger et se charge de la protéger. Il sera aidé d’un ancien agent du KGB dans sa nouvelle mission.

 

Notre critique:

Le secret d’un James Bond est aujourd’hui de notoriété publique. Pour être digne de l’appellation, il vous faut, tout d’abord, un bon agent secret interprété par un acteur charismatique, deux James Bond girls une gentille et une mauvaise (mais pas trop) et quelques autres pour les plans de coupe, un méchant cruellement savoureux, des cascades à gogo et des lieux de villégiature d’un exotisme à faire pâlir votre agence de voyage. Ça, c’est pour ce qui se trouve à l’intérieur. En ce qui concerne l’emballage, comprenez la réalisation, elle doit impérativement être confiée à un bon faiseur de films d’action sans trop de personnalité (Imaginez donc un James Bond à la sauce tarantinesque, une hérésie!). Pour finir ce colis-cadeau, n’oublions pas le soundtrack qui tue avec la chanson calibrée, mettant en avant le titre même de l’opus et une musique soignée aux petits oignons. Après avoir laissé mijoter le tout deux ans (période souhaitable – repos du guerrier oblige – entre deux aventures de 007), le voilà fin prêt pour s’offrir à nos yeux. Mais voyons ça de plus près?

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THE WORLD IS NOT ENOUGH est un James Bond, certes, mais il est loin de se classer dans le trio de tête des périples sexuels et justiciers de notre homme au permis de tuer. Si le sieur Brosnan campe avec toujours autant de plaisir l’agent le plus secret de sa majesté, il est regrettable que celui-ci omette ces bons mots qui soulignaient avec élégance son flegme d’antan. A sa décharge, il faut dire que face à lui, la mièvre Sophie Marceau fait pâle figure et lui sert une réplique fade, inconsistante voire inexistante. Elle dégage autant de sex-appeal qu’un chameau au milieu de la Grand’Place. De plus, elle est secondée par une Denise Richards (Sexcrimes) à la poitrine rebondie mais à l’érudition malhabile. Qui oserait voir en cette poupée Barbie incarnée le Docteur Christmas Jones (cela ne s’invente pas!), une experte en armement nucléaire? Pour chaperonner le tout, Robert Carlyle (The Full Monty), acteur anglais en plein essor aux Etats-Unis, n’a que peu à se mettre sous la dent. Même s’il s’en tire avec les honneurs, son personnage manque singulièrement de pêche.

Il reste donc le côté technique de la chose. Comme nous l’écrivions plus haut, l’heureux élu signant la réalisation doit savoir se faire tout petit. Michael Apted y parvient à merveille, il effectue son exercice de style sans aucune finesse et remplit son contrat comme on complète sa feuille d’impôt. Le metteur en scène de GORILLAS IN THE MIST s’efface au profit de la seconde équipe et de ses cascadeurs qui nous semblent, ici, assez fainéants. On n’a même plus droit au feu d’artifice final réduisant en charpie la base du méchant. Un des rares intérêts de cette ¦uvre standardisée réside dans le fait que les femmes prennent le pas sur les mâles (mais chuuut! Surprise). Autre attrait: la musique, signée depuis Tomorrow Never Dies par le très inspiré David Arnold qui, grâce à des sonorités très nineties, parvient à transcender l’essence que John Barry avait insufflée au mythe. Il signe avec Garbage un beau générique qui sera, pour longtemps encore, le moment chéri par tous les fans de la série.

Avant de conclure, un petit tour du côté de la géographie. La Turquie, l’Azerbaïdjan, la France, l’Espagne et l’Angleterre (Oh, exciting!) sont les pays visités par notre héros en goguette qui n’oublie pas l’autre passage obligé: Le casino. En final, ce James Bond convainc mollement car trop d’éléments y font défaut (même la nouvelle BMW y a un rôle passif). Et de constater que de toute manière, il plaira aux inconditionnels quoiqu’on en écrive.