Spider
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Spider

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 98’
Genre:
Date de sortie: 05/11/2002

Cotation:

0 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Londres. Un homme descend du train avec une simple valise. Dennis Cleg, surnommé Spider par sa mère, revient en ville après une longue absence. Mais Dennis n'a visiblement plus toute sa tête. Et dans la pension de Mme Wilkinson où il loge, une nouvelle réalité va prendre forme petit à petit.

 

Notre critique:

Présenté à Cannes en mai puis à Gand en septembre, SPIDER ne rencontrera certainement pas l’intérêt du grand public. C’est dommage mais relativement inévitable pour un sujet difficile traité avec sobriété et intelligence par un réalisateur estampillé trop souvent à la légère d’un cachet ‘horreur’.

C’est l’acteur Ralph Fiennes qui a proposé SPIDER à David Cronenberg. Quand on sait que Cronenberg (THE FLY, EXISTENZ, CRASH) privilégie avant tout les scénarios qu’il écrit lui-même, il paraît clair que le degré de séduction de l’histoire de SPIDER devait atteindre dix sur l’échelle de satisfaction du réalisateur canadien.

Et l’on sent directement que, et le comédien, et le réalisateur, se sont investis à fond dans cette histoire étonnante de schizophrénie à la frontière de réalités multiples. Acteur de théâtre remarquable, tueur en série dans le dernier HANNIBAL, Ralph Fiennes est criant de douleur, sert son personnage sur un plateau pour la mise en scène et accapare le rôle avec une démence douce et lente qui force l’admiration. Cronenberg, lui, tente de nous faire pénétrer l’esprit de Cleg, pièce par pièce (à l’image du puzzle que Dennis tente de finir). Il nous fait participer de plus en plus au délire schizophrène de Dennis enfant au travers des yeux du Dennis adulte. Le voyeurisme n’a plus lieu au niveau réel mais au niveau de réalité où se trouve le personnage principal. Sans que l’on s’en rende compte, le glissement a eu lieu et nous devenons les observateurs privilégiés d’un cerveau dérangé qui s’est créé un espace de réalité propre.

Il serait dommage de parler des interprètes et d’oublier Miranda Richardson (THE CRYING GAME, SLEEPY HOLLOW) qui parvient à se glisser dans la peau de trois personnages avec une facilité et une versatilité étonnantes.

Film sobre, à la mise en scène plus sophistiquée qu’il n’y paraît au premier abord, SPIDER ne soulèvera pas les foules mais mérite le détour par une salle près de chez vous.