Shooting Dogs
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Shooting Dogs

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 115’
Genre: Drame
Date de sortie: 18/04/2006

Cotation:

0 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Un prêtre catholique et un jeune enseignant anglais se trouvent pris dans la tourmente du génocide rwandais de 1994. Ils doivent faire le choix d'aider les Tutsis à échapper au massacre ou bien de sauver leur propre peau. Le choix sera difficile et douloureux...

 

Notre critique:

Alors que les médias plus de dix ans après osent enfin aborder le massacre rwandais et le qualifier de génocide du bout des lèvres parfois, le film de Michael Caton-Jones tombe à pique pour éveiller chez le public un sentiment d'horreur et de honte face à ce que les pays industrialisés ont laissé faire à leur nez et à leur barbe sans doute parce que cela se passait en Afrique, ce continent de plus en plus oublié par le reste du monde…

Le film a le mérite d'aborder ce génocide par les yeux de Joe Connor (Hugh Dancy que l'on retrouve dans BASIC INSTINCT 2), ce jeune homme enseignant britannique, qui symbolise une sorte de candide, image de ce que nous sommes souvent, croyant encore dans la bonté des hommes et dont la naïveté face au problème rwandais correspond sans doute à l'approche de beaucoup de spectateurs. Favorisant ainsi l'empathie, SHOOTING DOGS montre comment Joe en se retrouvant au coeur de l'horreur et des massacres va ouvrir peu à peu les yeux sur le monde dans lequel il vit. Il est en quelque sorte le miroir d'une opinion mondiale qui n'a pas voulu croire dans ce génocide alors qu'il était en train de se dérouler devant ses yeux.

SHOOTING DOGS est aussi une terrible démonstration de l'aveu d'impuissance des forces des Nations Unies qui se trouvaient sur place pour 'surveiller' la paix et non pour l'imposer, et que l'on a donc fait quitter le territoire laissant ainsi carte blanche aux Hutus pour éradiquer les Tutsis…

John Hurt joue le prêtre catholique présent dans l'école, vieux singe à qui on n'apprend pas à faire des grimaces mais qui, pourtant, se laissera surprendre par l'ampleur horrible du mouvement. Une fois encore, l'acteur britannique met son immense talent d'acteur au service d'une cause difficile qui mérite d'être défendue et montrée aux plus jeunes d'entre nous pour qu'enfin on prenne en compte l'énorme désolation d'une Afrique oubliée de tous…