Dogville
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Dogville

par Christophe Bruynix
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 167’
Genre:
Date de sortie: 20/05/2003

Cotation:

0 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Une petite ville de province accueille une jeune femme en détresse. Simple, bonne et naïve : elle ne peut qu'éveiller la compassion...
Le temps passe et la nature humaine où le pire côtoie le meilleur va transformer ce sentiment.
Alors que les intérêts des uns et des autres se découvrent, on apprend qu'il s'agit de la fille d'un puissant mafieux. La police la recherche pour lui faire avouer la cachette et les secrets de son père. La police ou le père : c'est à celui qui retrouvera le premier Nadia...

 

Notre critique:

Un studio nu. Au sol, le tracé d’une rue et des maisons. Il y a aussi le chien dessiné par-terre. Cà et là, quelques meubles et des portions de mur. Juste ce qu’il faut à l’action, pas plus. Nous sommes à Dogville, petit village perdu dans les Montagnes Rocheuses à une époque d’extrême pauvreté où les gangsters sont rois. Les années 20 ou 30. Mettons, en fait on n’en sait rien. Et on s’en moque.

Comme à son habitude, Lars Von Trier ne nous donne pas un film mais un concept. A accepter ou non. Pas vraiment novateur dans la manière (on s’approche de la télé des années 70 façon Les Rois Maudits) mais plutôt gonflé, et tellement peu répandu aujourd’hui qu’il peut passer pour original. Il pousse même le bouchon au point de faire durer la chose près de trois heures, histoire de bien se mettre au dessus de la mèlée de ses congénères et du public.

Ce genre d’attitude donne des films fascinants, profonds mais parfois pédants. DOGVILLE démarre ainsi et on se lasse vite de ce conte ostensiblement moral, divisé en chapitres, raconté par un narrateur-off, et joué par des acteurs – malgré tout excellents – saupoudrés dans un décor théorique.

Heureusement, après 2 heures 30 assomantes, Von Trier oublie sa distance cosmique et introduit de l’humour bienvenu. Sans trop de fioritures pour ne pas dire carrément bourrin. Le concept vire à la rigolade avec un final violent farci de répliques rigolotes que n’aurait renié aucun réalisateur de blockbuster américain. Après avoir fatigué la tête, DOGVILLE parle aux tripes, et quitte in extremis la catégorie des chefs-d’oeuvres obligatoires et barbants.