Capote

Capote

Romancier et nouvelliste, Truman Capote a marqué la littérature américaine du 20e siècle de son empreinte. Mais au-delà de l'oeuvre, l'homme et son destin sont plus qu'intéressant et il n'est donc pas étonnant de voir enfin un film s'attacher à une époque charnière de sa vie et de son oeuvre, celle de la conception et l'écriture de Cold Blood. Qualifié de roman de non-fiction (un roman basé sur des faits réels) par son auteur, Cold Blood a accaparé six années de la vie de Capote qui s'est investi corps et âme dans cette oeuvre majeure.

Pour incarner un tel homme, il fallait un acteur à transformation, un acteur capable de se glisser dans la peau de son personnage pour en transcender toute l'essence. Philip Seymour Hoffman (ALMOST FAMOUS, THE BIG LEBOWSKI, BOOGIE NIGHTS) a réussi ce pari et cet acteur extraordinaire donne ici une de ses performances les plus réussies et les plus abouties récompensée à juste titre par l'Oscar du meilleur rôle masculin. Il est en plus merveilleusement secondé par une Catherine Keener (BEING JOHN MALKOVICH) formidable dans le rôle de l'amie d'enfance de Capote, Harper Lee.

Les motivations de Capote sont complexes et volontairement pas toujours clarifiées: est-ce son amour pour Perry le tueur qui le motive ou simplement son envie de réaliser une grande oeuvre littéraire? Est-il un homme froid et sans coeur ou une âme à la sensibilité exacerbée? Et c'est là toute la réussite du film: avoir réussi un portrait très fin reposant plus sur les situations et sur le jeu des interprètes et sur des dialogues naturels et peu appuyés. On peut dire que pour son premier scénario David Futterman a réussi son coup et pour son second long métrage Bennett Miller sert le film avec une mise en scène solide sans ostentation.

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