Bad Santa
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Bad Santa

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 92′
Genre: Comédie
Date de sortie: 30/11/2004

Cotation:

0 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Grossier, mal élevé, alcoolique, Willie a un job de père Noël dans les grands magasins. Mais lui et son compère Marcus, un nain, sont surtout des voleurs professionnels qui pillent les magasins qu’ils animent durant la période de Noël. Après un dernier coup fructueux qui leur remplit les poches d’un joli pactole, Willie décide de s’arrêter et de partir se dorer sa panse d’alcoolique invétéré sur les plages de Miami. Mais il n’est pas si facile de s’arrêter…

 

Notre critique:

Pire qu’une ordure… Willie est un être au bout de la route qui a dû en voir des vertes et des pas mûres, ayant, on s’en doute, roulé sa bosse de casse réussi en casse foireux. Il est l’anti-Père Noël, une sorte de loque humaine misérable et détestable… Et dans la peau d’un Billy Bob Thornton, cet être-là prend toute son ampleur. Dans ce rôle de composition absolu, Thornton est une fois encore époustouflant et méconnaissable: alcoolique, grossier voleur, un vrai bonheur déguisé en Père Noël durant au moins la moitié du film. Il est tellement criant de vérité qu’il en devient débecquetant et que l’on se demande bien vite comment les deux compères scénaristes de CATS AND DOGS, John Requa et Glenn Ficarra, vont s’en tirer avec un tel personnage outrancier!

Et c’est là qu’ils nous surprennent! Car si BAD SANTA est un film politiquement incorrect au sens strict (les F*$% qui émaillent chaque phrase lui ont valu un R aux US), il ne s’engage jamais dans la voie du grossier gratuit inhérent à toutes les comédies genre AMERICAN PIE (1, 2 et 3) qui alignent vomissures et scatologie dans le seul but de toucher une audience friande d’imbécillité au premier degré. Willie est un personnage grossier, je-m’en-foutiste, alcoolique par essence, ce qui justifie bien évidemment ses frasques…
Et, au contraire, au bout d’environ une heure, le film opère un tournant presque (trop) miraculeux en passant de la comédie cynique et premier degré au drame, poursuivant cette dernière option jusque dans les toutes dernières minutes. La rédemption n’existe pas pour ce personnage, seul le destin peut le sauver du pire…

Si BAD SANTA est assez réussi, on le doit sans doute aussi au réalisateur Terry Zwigoff qui dans le genre underground et presque trash s’y connaît puisqu’il a signé CRUMB et GHOST WORLD. Sa mise en scène est en parfaite adéquation avec son sujet, insistant en images où il faut et comme il faut. Bon, bien sûr, il est certain qu’avec un personnage comme Willie le film ne fera pas fureur auprès des familles à la recherche d’un film de Noël mais il risque d’attirer malgré tout un public prêt à se faire chahuter pour retirer de BAD SANTA une certaine morale.