Cannes 2021 Jour J+9 : des nouvelles du palais

France

Nous sommes le jeudi 15 juillet. Comme je m’en vais le 17, cela signifie plus de réservations à faire à 7h du matin, et cela signifie aussi grasse matinée! Enfin, pas tout à fait puisqu’il y a de l’écriture en retard et il va falloir en mettre un coup pour boucler les deux ou trois critiques que j’ai sur le feu. La mâtinée et une partie de l’après midi ne vont pas être de trop.

Descente vers 16h15 au Palais des Festivals et direction salle Debussy pour voir le nouveau Bruno Dumont, FRANCE, en compétition. Et Bruno Dumont, c’est un réalisateur totalement éclectique (MA LOUTE, LA VIE DE JÉSUS, L’HUMANITÉ), toujours intéressant dans ses approches et ses recherches narratives même si tous ses films ne sont pas réussis.

FRANCE n’est pas un hommage à ce si beau pays, c’est plutôt le prénom d’une présentatrice/grand reporter vedette de la chaine « i » (sans doute i comme information) qui un beau jour, suite à un banal accident de la circulation, prend soudain conscience de la fragilité de l’existence et de la superficialité de son métier.

FRANCE avec… Léa Seydoux

Hélas, FRANCE est aussi un beau loupé sur une thématique que semble très mal connaître Bruno Dumont. Sa charge en force contre une journaliste un peu factice qui n’a de grand reporter que le nom sonne faux et la pauvre Léa Seydoux semble elle-même ne pas croire au rôle, oscillant entre sainte et créature démoniaque qui utilise tout le monde selon son bon vouloir. Pour son premier rôle au cinéma, Blanche Gardin semble en mode disque rayé répétant à l’envi une série de phrases aussi creuses que le scénario.

Vraiment dommage car cela aurait été intéressant de voir un point de vue de Bruno Dumont sur la télé d’aujourd’hui.

A 20h, j’enchaîne sur BELLE, dans la section Cannes Première, le Mamoru Hosada que je n’avais initialement pas pu réserver mais dont quelques places se sont libérées au dernier moment pour mon plus grand bonheur. Car Mamoru Hosada, pilier des studios Chizu (aussi connus ou presque que Ghibli), est le réalisateur de films comme SUMMER WARS, MIRAI NO MIRAI dont la qualité graphique et scénaristique est très élevée.

BELLE est une fable racontant la vie de la jeune Suzu, élève plutôt timide et enfant réservée, qui est par ailleurs Belle, une icône du réseau social U, le réseau au 5 milliards d’utilisateurs. Alternant réalité quotidienne de Suzu avec sa vie au sein du réseau, BELLE est un film très moderne et tout à fait dans la lignée des préoccupations de Mamoru Hosada.

En fin de projection (comme en début d’ailleurs), le réalisateur japonais a eu droit a une longue ovation de la salle qui lui était clairement toute acquise, ce que l’on peut comprendre aisément vu la qualité de ses oeuvres.

C’est 22h45 et toujours en salle Debussy que je visionne le nouveau Nabil Ayouch, HAUT ET FORT, en compétition.

Anas est le personnage principal du récit de Ayouch. C’est un ancien rappeur qui débarque dans un centre culturel pour donner des cours de musique à des jeunes marocains.

Le réalisateur français de MUCH LOVED, LES CHEVAUX DE DIEU, qui vit à Casablanca, signe ici un film qui, si il est intéressant parce que situé au Maroc, est malheureusement d’un grand classicisme au niveau de son sujet (le-prof-qui-vient-parler-d’un-sujet-dans-une-école-un-peu-difficile-où-les-élèves-ne-sont-pas-vraiment-convaincus) et de sa forme. Très répétitif, plutôt intéressant sur la découverte d’un rap marocain qui sonne bien, HAUT ET FORT n’est pas un mauvais film mais passe à côté d’un vrai film politique qui montrerait comment le rap permet de revendiquer des libertés dans le Maroc moderne.

Sortie vers minuit trente et remontée dans mon antre à Vallauris après une trentaine de minutes de vélo.

Demain, c’est le 16 et aussi mon dernier jour de festival. Et demain, en signe de reconnaissance de ce dernier jour, le soleil ne se lèvera pas sur Cannes.

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