Cannes 2021 Jour J+8 : des nouvelles du palais

The Story of my Wife

Le 14 juillet, la fête nationale française. Bon, au festival, c’est un jour un peu comme les autres, excepté que l’on devrait avoir droit à un feu d’artifice en fin de soirée.

Donc pas de changement au programme si ce n’est une mauvais surprise hier soir en constatant que ma réservation pour le 16 juillet pour VORTEX, le film de Gaspar Noé, avait été annulée alors que je n’ai fait aucune manipulation en ce sens. Il va donc falloir que je refasse un tour à la billetterie pour vérifier ce qui s’est passé et que je vois si mon billet est toujours valable.

Retrouvant pour la 5e fois leur acteur fétiche Mathieu Amalric, les frères Larrieu (Arnaud et Jean-Marie) proposent avec TRALALA une comédie musicale dans laquelle on suit Tralala un homme de 48 ans, guitariste/compositeur qui rencontre à Paris la vierge Marie et la suivra jusqu’à Lourdes croyant que sa destinée aura lieu là-bas.

Mathieu Amalric dans TRALALA

Sur le fil d’une certaine poésie, les deux réalisateurs essayent tant bien que mal de nous embarquer dans cette comédie musicale au scénario un peu trop décalé pour que l’on puisse s’accrocher au récit. Il s’ensuit 2h d’errance aux côtés d’Amalric, de Mélanie Thierry et Maïwenn. Pas désagréable mais pas réussi non plus. Dommage.

A 10h50, j’ai mon dernier rdv de test Covid pour être tranquille si jamais je veux rentrer au palais dans les deux derniers jours. Je passe juste avant à la billetterie pour le problème VORTEX où l’on m’explique qu’apparemment j’aurais annulé mon ticket à 7h02 juste après l’avoir commandé. Problème, j’ai reçu par mail le ticket à 7h15… Très gentiment, l’équipe me refait un nouveau billet, valide celui-là. Les équipes du Festival sont toujours là pour essayer d’arranger les dysfonctionnements et cela fait vraiment plaisir.

Prochain film à 16h30 donc retour au bercail pour de l’écriture et un repas entre amis.

Les 3 films de mon après-midi et de ma soirée sont à la salle Debussy donc les déplacements seront minimaux ce soir et c’est tant mieux car les films vont s’enchaîner assez rapidement.

Je commence par THE STORY OF MY WIFE (en compétition) un film de la hongroise Ildikó Enyedi (à qui l’on doit CORPS ET AME, un film qui avait gagné l’Ours d’Or de Berlin en 2017) dans lequel joue… vous ne devinerez jamais… Léa Seydoux (elle est à l’affiche de 4 films sur Cannes 2021)!

The Story of My Wife

Romance adaptée d’un roman sur un capitaine de navire qui fait le pari d’épouser la première femme qui rentre dans un bar où il se trouve avec une de ses connaissances, le film fait près de 3h et malgré le talent de la réalisatrice et des interprètes cela se ressent. Les plans sont longs et l’on s’attarde beaucoup sur les non-dits et sur les « je t’aime/je ne t’aime plus » d’un couple improbable. Ce n’est pas inintéressant mais hélas il manque un peu de dynamisme et un brin de folie pour être plus digeste.

A 19h45, on retrouve Mathieu Amalric mais cette fois-ci en tant que réalisateur pour un film présenté dans la section Cannes Première, SERRE-MOI FORT. Le film suit Clarisse qui quitte un beau matin son foyer laissant ses deux enfants et son mari seuls. Mais pourquoi est-elle partie?

Vicky Krieps dans le rôle de Clarisse

Adapté d’une pièce de théâtre, SERRE-MOI FORT est un film plutôt surprenant. Partant de ce fait plutôt banal -une mère quitte son foyer- le récit devient peu à peu puzzle, multipliant les points de vue, établissant des ponts à distance en voix off entre les personnages. Le spectateur s’interroge, tente de suivre les différentes pistes et on a l’impression d’être dans un thriller jusqu’au dénouement final.

Ce n’est qu’en sortant du film que l’on en prend toute la portée et l’on se dit que Mathieu Amalric a réussi le pari de nous surprendre et de nous passionner en utilisant toute la magie du cinéma pour nous raconter une histoire simple.

Je profite dun peu de temps entre deux films pour prendre un verre avec un ancien collègue qui habite la région tout en assistant au feu d’artifice en arrière plan.

Tout cela avant de retourner pour le film de 22h30 en salle Debussy. Ce soir projection du film LES OLYMPIADES de Jacques Audiard (dont le film DHEEPAN avait gagné la Palme d’Or en 2015). Film noir et blanc au scénario moderne et fluide qui parle d’une certaine manière de la fluidité des genres et de la société moderne. Ecrit à six mains avec Céline Sciamma et Léa Mysius, le film est vraiment intéressant tant il brasse des sujets contemporains divers et variés: harcèlement, diversité culturelle, sexualité, etc.

Lucie Zhang et Makita Samba dans LES OLYMPIADES

Dernière journée avec 4 films puisque demain, j’en verrai seulement 3 et le 16 juillet un seul en fin de journée. On sent que le festival touche peu à peu à sa fin.

Retour maison à minuit trente en sachant pertinemment que le soleil se lèvera encore à Cannes demain.

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