Cannes 2021 Jour J+10 : des nouvelles du palais

Vortex

Dernier jour de Festival et jour de pluie. Le ciel est couvert sur la région et la pluie guette. Comme si le temps accompagnait le Festival et nous signale à tous qu’il faut faire ses paquets. En ce 16 juillet, un seul film de mon côté et pas pour tout de suite puisqu’il sera а 23h ce soir. Donc tout le temps qu’il faut pour écrire encore quelques critiques sur les films vus à Cannes. Et avoir aussi un peu de calme pour se préparer au retour а la vie « normale » la semaine prochaine.

Dernière descente en vélo vers 17h45 sur Cannes. Après un repas en famille en ville, il est 22h40, le moment pour aller faire la file déjà imposante pour VORTEX le film attendu de Gaspar Noé. Avec le réalisateur d’IRREVERSIBLE, de CLIMAX ou de ENTER THE VOID, il faut s’attendre à tout.

La file à 22h45 devant le Debussy pour la projection de Vortex

Et la première chose à laquelle il fallait s’attendre, c’est un retard monumental de la projection car le film présenté avant en Debussy bouscule tout le planning de la programmation. Car la projection de NEW WORLDS : THE CRADLE OF CIVILIZATION, documentaire musical qui suit Bill Murray et Jan Vogler dans leur tournée New Worlds, a été ponctuée d’un concert improvisé de Bill himself sous les yeux ébahis et émerveillé du public! D’où retard, d’où démarrage de VORTEX plus de 45 minutes après l’heure prévue!

Gaspar Noé et son casting (Françoise Lebrun, Dario Argento et Alex Lutz) entre dans la salle en début de projection sous les applaudissements d’un public déjà conquis quel que soit le sujet.

Lutz + Argento + Noé à Debussy.

En parlant de sujet, il est extrêmement simple: le film suit un couple de personnes âgées au jour le jour alors que la démence sénile rend leur vie de plus en plus difficile et précaire. Et là Gaspar Noé nous prend complètement à contre-pied, non seulement, il ne bascule pas dans l’étrange ou dans la provocation facile, mais il nous embarque émotionnellement dans un voyage aux confins de l’âge en nous faisant pénétré dans le microcosme de ce couple qui se perd peu à peu et de leur fils qui tente de les aider sans savoir comment s’y prendre.

Au delà du fond, Noé utilise un procédé qu’il affectionne de temps à autre: le split screen. Mais ici, il l’utilise de bout en bout pour nous proposer différents points de vue mais aussi différents angles de vue. C’est bien pensé et cela donne au film une vision extérieur de cette démence qui touche les protagonistes.

Françoise Lebrun et Dario Argento sont terriblement touchants et Alex Lutz livre une fois de plus une prestation sans fautes.

Un Noé visiblement ému après la projection de VORTEX

La projection finie, c’est l’enthousiasme et l’émotion pour Noé qui, après un accident hémorragique cérébral, a choisi un sujet très différent de ce qu’il avait livré par le passé, un film qui marquera sans aucun doute un tournant dans sa carrière de cinéaste. A suivre donc encore et toujours ce visionnaire provocateur qui ne manquera certainement pas d’être encore un Cannes dans les années qui arrivent…

Il est plus de 2h30 du matin lorsque je reprends mon vélo pour faire ma dizaine de kilomètres pour retrouver mon lit. Conclusion de ce Cannes 2021, il est clairement plus difficile de faire du vélo après minuit qu’avant. Mais en tout cas j’aurai la satisfaction d’avoir fait ma part dans la réduction de l’empreinte carbone du Festival de Cannes avec 217 kms de vélo pendant les 10 jours sur le Festival.

Demain, le soleil se lèvera sur Cannes, la proclamation du Palmarès et la clôture avec OSS 117 seront encore de la partie et moi je serai en partance pour d’autres films et d’autres visions de presse à Bruxelles!

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