17 mai 2019. Finalement le Ken Loach n’aura pas entamé la qualité de mon sommeil. Et le réveil à 7h30 s’est révélé bien plus facile que prévu! Direction le théâtre de la Croisette pour voir le nouveau film de Bertrand Bonello, ZOMBI CHILD dans la Quinzaine des Réalisateurs.

Bonello est le réalisateur de L’APOLLONIDE et de SAINT LAURENT et il arrive ici sur la Croisette avec un film de genre puisqu’il aborde la thématique des Zombies. Mais il utilise celle-ci dans sa forme originale, celle liée au vaudou. Très bien balancé entre les rites vaudou et les rites d’une école de jeunes filles, le film est très original et va à complet contre-sens de ce qui se fait à l’heure actuel en matière de Zombi. Ici on oscille entre une atmosphère à la PICNIC AT HANGING ROCK et celles des films de Zombies des années 50.

Bertrand Bonello sur la scène du théâtre de la Croisette

Ensuite, on ne quitte pas le théâtre de la Croisette (enfin, en réalité on sort et on rentre pour se soumettre aux contrôles de sécurité) pour HATSUKOI (First Love) le dernier Takashi Miike.

Histoire sous forme de polar d’un amour impossible entre un jeune boxeur et une junkie, HATSUKOI est un bon film du prolifique Miike qui parfois sacrifie ses sujets sur l’autel de la quantité. Mélangeant action, horreur, thriller et amour, il s’amuse à détourner tous les clichés possibles et inimaginables avec un talent certain! Un vrai régal…

Sakurako Konishi et Takashi Miike pour le Q&A après la projection de HATSUKOI

Comme il est déjà 14h à la sortie, impossible d’enchaîner sur le ROCKETMAN, biopic sur Elton John, hors compétition, qui démarre justement à… 14h à la salle du Soixantième! Pas de drame cependant, car ce petit épisode de calme permet de se prendre sur le pouce un hot dog basique (saucisse/pain sans sauce) à 5 euro.

A 16h30 (après un passage rapide à l’appart pour faire un peu de rédaction), c’est LITTLE JOE qui est projeté au GTL. LITTLE JOE de Jessica Hausner (LOURDES), c’est un voyage dans la SF du quotidien puisque le sujet parle d’une scientifique qui a créé une fleur censée donner du bonheur à ceux qui la cultivent avec amour, tendresse et qui lui parlent. Co-production Austro-Germano-Britannique, LITTLE JOE ressemble plus à un épisode de Black Mirror un peu étiré en longueur qu’à un pur film de science-fiction. C’est dommage parce que le sujet était plutôt original et l’interprétation d’Emily Beecham convaincante.

Il est déjà 18h20 quand je sors de la projection et c’est sans beaucoup de conviction que je tente de me mettre dans la file pour le Pedro Almodovar, DOLOR Y GLORIA de 19h30. Je me doute que cela risque de ne pas le faire vu mes échecs précédents dans la salle Bazin qui n’est pas très grande… Il faudra quand même attendre 19h25 pour avoir la certitude que c’est loupé pour aujourd’hui et qu’il faudra rattraper cela demain matin.

Retour appartement, écriture, mise en ligne de 3 critiques des films de Cannes, puis préparation psychologique pour la vision à 22h dans le cadre de Cannes Classique de la version restaurée par Warner de THE SHINING, film de 1980 de Stanley Kubrick!

Que du bonheur pour cette ènième vision pour moi (à mon avis cela doit faire la 13 ou 14ième) mais première fois pour une version numérique tirée de la version américaine de SHINING. Ce qui veut dire une séquence de plus que je n’avais jamais vue!

Après une introduction toute en émotion d’une quinzaine de minutes d’Alfonso Cuaron, Katarina Kubrick (la belle fille de Stanley) et de Leon Vitali (l’assistant de Kubrick sur ses films), le plaisir d’assister à ce grand film horrifique de Kubrick reste intact.

Léon Vitali, Katarina Kubrick, Alfonso Cuaron sur la scène de la salle Debussy

On sort groupés (presque toute la colloc est là) et l’on rentre vers 2h du matin non sans avoir discuté de la scène propre à l’édition américaine et de l’absence de l’ombre de l’hélicoptère (probablement gommée lors du passage au digital). Des sujets somme toute fondamentaux!

Le lever à 7h30 va être difficile, je le crains.
Et demain, le soleil ne se lèvera pas sur Cannes mais bien la pluie…

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...