Cannes 2018 J+8: Nouvelles du Palais. 15 mai. Une journée calme puisque seulement 2 films prévus. Le reste étant consacré à l’écriture. Toujours la même routine au programme: lever entre 7h45 et 7h50 et direction le Palais pour le film de 8h30.

Une journée calme à Cannes ne veut pas pour autant dire films inintéressants. Surtout si l’on commence avec Lars von Trier et THE HOUSE THAT JACK BUILT. Et que l’on a entendu que le jour d’avant, à la soirée de montée des marches, une centaine de personnes ont quitté la salle ne pouvant supporter les images. Relativisons, il s’agit de la soirée de gala et ce n’est pas toujours le meilleur public du monde.

On se rappellera que Lars von Trier avait été exclu du Festival de Cannes en 2011 suite à ses propos (à orientation fasciste même si il s’agissait sans doute d’humour et de dérision) lors de la conférence de presse du film MELANCHOLIA présenté en compétition à Cannes cette année-là. On se demandait combien de temps durerait cette sanction, on le sait maintenant puisqu’elle a été levée pour cette année où son film THE HOUSE THAT JACK BUILT est présenté Hors Compétition (visiblement il était encore trop tôt pour qu’il revienne en compétition).

Mais revenons-en rapidement au film qui laisse un tueur en série raconter les étapes (incidents) les plus marquants qui l’ont amenés à faire ce « métier ». Présenté un peu comme un interview d’un serial-killer par l’homme qui va l’emmener aux enfers pour ce qu’il a fait, le film a plusieurs niveaux de lecture: celui décrit ci-dessus, brut, provocateur qui cherche à sortir le spectateur de sa zone de confort et qui compare le tueur en série à un artiste et puis celui plus autobiographique dans lequel Lars von Trier glisse des réflexions sur son cinéma mais aussi sur les propos qu’il a pu tenir au Festival de Cannes en 2011, le tout oscillant entre l’excuse et la défense.

The House That Jack Built

Uma Thurman et Matt Dillon avant une altercation cric-minelle (non, ce n’est pas une faute de frappe!)

Plutôt bien réussi, il aurait certainement mérité une place en compétition, mais c’est une discussion sans fin et probablement sans intérêt. En ce qui concerne les images choquantes et les enfants tués froidement dans le film, je conseille à chacun -pour relativiser et pour mémoire- de retourner dans ses classiques comme IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ou DAWN OF THE DEAD ou dans des films outranciers plus récents comme TRAUMA du chilien Lucio Rojas.

Quoiqu’il en soit, le film reste gravé en mémoire et nous poursuit un peu lors du temps de repos et d’écriture (sans oublier un en-cas salutaire au milieu, il faut dire que cela faisait 2 jours que les repas avaient plus ou moins disparu du vocabulaire et de l’estomac).

Et puis, il y avait LE film événement qui n’a rien à voir avec une quelconque compétition ou hors compétition de Cannes mais que tous les fans attendaient avec une impatience démesurée. Les journalistes craignant tous de ne pas parvenir à se caser dans l’une des 4 projections du jour, il s’agit de SOLO: A STAR WARS STORY. Et finalement, alors que l’on craignait une bousculade d’enfer à 19h45, la salle Bazin réservée pour la presse était au 3/4 pleine. Sur les marches (puisque le film était projeté en même temps dans le Grand Théâtre Lumière), les Stormtroopers et Chewbacca menait la danse aux côtés du casting et de Ron Howard le réalisateur.

Ce nouveau spin-off/préquelle de Star Wars est plutôt réussi et laisse une place salutaire à un humour un peu plus présent que dans les autres épisodes de la franchise. Quelques beaux moments de bravoure (entendez combats) alimentent le spectacle et l’on ne s’ennuie pas même si le film ne va pas révolutionner la franchise.

Le film faisant 2h15, la soirée restait libre pour enfin manger quelque chose de plus consistant avant de se préparer pour une nuit réparatrice.

Le marché de Cannes finissant ce jeudi, on sent une certaine inflexion dans l’effervescence cannoise et que l’on s’approche lentement mais surement de la fin d’ici quatre jours.

Et demain, le soleil se lèvera encore sur Cannes.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...