Cannes 2018 J+5: Nouvelles du Palais. 12 mai. La fatigue ne se fait pas vraiment sentir. Comme d’habitude, tout le monde est « boosté » par la fièvre cannoise et personne n’a le temps de se sentir fatigué. Et même si certains le font en mode « oh, je suis épuisé(e) », il y a des boulots plus difficiles que celui de journaliste à Cannes (organisateur de Cannes par exemple).

La journée précédente s’était terminée sur un chinois, la suivante se devait de démarrer sur un coréen. La logique asiatique de Cannes, sans doute. C’est donc GONGJAK du coréen Yoon Jong-Bin qui retenait toute mon attention à partir de 11h (je vous avais dit que c’était relax, Cannes). 2h21 d’un film d’espionnage rappelant du John Le Carré, sur la guerre froide entre les deux Corées. Surtout intéressant par le côté éminemment actuel du sujet qui parle bien sûr des essais nucléaires du Nord et des interactions politiques entre le Sud et le Nord.

Ensuite GUEULE D’ANGE avec Marion Cotillard de Vanessa Filho. Ce premier long métrage de la française raconte l’histoire d’une mère incapable de s’occuper de sa fille par manque total de maturité et de bon sens. Pas pleinement réussi mais le film casse au moins un préjugé de notre société: et bien oui, il y a des femmes qui n’ont pas l’esprit maternel pour un sou.

Après le film, le gros dilemme. Il est 15h55, est-ce que l’on mange et du coup on fait l’impasse sur GIRL, LE film belge à voir à Cannes. Avec un collègue journaliste, on choisit en toute conscience notre ventre. Que celui qui n’a jamais mangé nous jette la première pierre!

Après un peu d’écriture -il faut bien alimenter les chroniques et les critiques- retour vers le Palais pour un film en compétition LES FILLES DU SOLEIL d’Eva Husson. Déception. Celle qui nous avait livré BANG GANG tenait pourtant un sujet fort (des femmes combattantes au Kurdistan irakien) mais reste malgré tout très superficielle.

Il est 21h, ce serait pas mal de continuer l’écriture sur la terrasse réservée aux journalistes, mais voilà, celle-ci est fermée depuis bien longtemps et il faudra écrire ailleurs en attendant la séance de minuit: FAHRENHEIT 451 avec Sofia Boutella, Michael Shannon et Michael B. Jordan.

Michael Shannon et Sophia Boutella

Michael Shannon et Sofia Boutella à la sortie de Fahrenheit 451

Beaucoup de monde à cette séance de minuit et une longue file mélangeant presse et invitation, du coup pas de passage privilégié et du piétinement d’impatience. Après l’adaptation de Truffaut en 1966, c’est le réalisateur américain Ramin Bahrani qui réunit un casting assez prestigieux autour du sujet de Ray Bradbury. Mais hormis un essai d’inclure quelques modernités technologiques dans le sujet et dans le traitement, on ne peut pas dire que le film se démarque de son grand frère d’il y a 52 ans. Je vais finir par me demander si ce livre au sujet dystopique est vraiment adaptable sans le remanier fondamentalement.

Sofia Boutella - Fahrenheit 451

Sofia Boutella

Deux heures du matin sur Cannes, la foule est au rendez-vous, les gens ne semblent pas prêts de rentrer chez eux. Moi, oui, car demain matin à 8h45, c’est le Gaspar Noé, CLIMAX, à la Quinzaine!

Et demain, le soleil se lèvera encore sur Cannes.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...