Cannes 2018 J+12: Nouvelles du Palais. 19 mai. Toutes les bonnes choses ont une fin. Cette phrase tarte à la crème résume cependant assez bien le blues qui s’est emparé de la Croisette. Ça sent la fin, ça sent le sapin. Il faut dire que ce samedi de fin de Festival est un rattrapage puisque tous les films en compétition sont présentés à nouveau à la presse mais aussi au reste des badges cannois.

Cette très bonne initiative des organisateurs me permet de rattraper 2 films que j’avais manqué lors des deux semaines passées: LAZZARO FELICE et ASAKO I & II.

Mais bien sûr, il ne faut pas oublier que c’est aussi la journée finale de Cannes avec l’annonce du palmarès et la vision du très attendu et très maudit film de Terry Gilliam, THE MAN WHO KILLED DON QUIXOTE.

Debout vers 8h30, ce qui donne un record de durée de sommeil (en moyenne 4h35 par nuit pendant 12 jours), j’en profite pour écrire un peu et partir calmement pour la séance de 11h à la salle du Soixantième. LAZZARO FELICE, le nouveau film d’Alice Rohrwacher (LE MERAVIGLIE qui avait gagné le Grand Prix du Jury à Cannes en 2014) est un conte de fées toujours avec en toile de fond cette ruralité chère à Alice Rohrwacher. Elle se sert de celle-ci pour magnifier une histoire édifiante et mystique qui mêle social et politique. Plutôt réussi, LAZZARO FELICE a été bien accueilli et pourrait mériter une récompense.

Entre les deux films, un petit saut vers la sortie de la conférence de presse du film de Gilliam permet de capturer un Terry Gilliam en pleine forme (après un AIT quinze jours avant qui avait fait craindre le pire pour sa présence à Cannes), un Adam Driver rasant les murs, un Jonathan Pryce égal à lui-même et une Joana Ribeiro souriante pour sa venue à Cannes.

Jonathan Pryce

Jonathan Pryce

Joana Ribeiro

Joana Ribeiro

Juste après leur passage, il reste quelques minutes avant 14h pour se diriger vers la salle Bunuel dans le Palais et voir NETEMO SAMETEMO (Asako I & II), une comédie nippone presque surréaliste parlant d’amour fou, de sosies et d’actes manqués. Bon film mais qui a peu de chances de finir au palmarès, NETEMO SAMETEMO est à l’image de ce Cannes 2018, des films de qualité mais qui ne déclenchent pas le coup de coeur ou le coup de gueule qui font les polémiques intéressantes.

En attendant 19h30, un petit nettoyage de l’appartement qui a été notre QG pendant 12 jours, nous permet de nous occuper avant le palmarès et le Gilliam.

18h15, pour être certain d’assister tranquillement à la remise du Palmarès et du film de clôture, nous faisons la file à la salle Debussy réservée à la presse et dans laquelle la cérémonie de clôture est retransmise sur l’écran du cinéma. Et face aux pronostics, le palmarès surprend mais n’étonne pas non plus récompensant à la fois le cinéma d’auteur et le cinéma engagé, équilibre donc qui est clairement la patte de Cate Blanchett. Le palmarès complet est disponible ici.

Hirokazu Koreeda

Hirokazu Koreeda, sa traductrice et Cate Blanchett

Il est près de 20h35 quand commence le film le plus maudit de ces dernières 25 années (maudit à tel point que certains journalistes se demandent si il faut aller le voir et risquer d’être pris dans la malédiction de Don Quichotte), THE MAN WHO KILLED DON QUIXOTE. Film foisonnant, mise en abyme de l’histoire de ce Don Quichotte, avec un Adam Driver en double de Gilliam, DON QUIXOTE n’est pas le meilleur Gilliam, peut-être parce qu’il souffre d’une continuité un peu chaotique à l’instar de la production du film durant ces dernières années.

Sortie du palais pour la dernière fois pour Cannes 2018, pincement au coeur, plat de pâtes pour terminer la soirée, dormir et rentrer à Bruxelles, voilà le programme final en ce qui me concerne. Ajoutons à cela une cure de désintoxication post-Cannes pour pouvoir sortir des 39 films vus pendant 12 jours. Un plaisir…

Et demain, le soleil ne se lèvera plus sur Cannes.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...