Cannes 2018 J+1: Nouvelles du Palais. Le moment de commencer vraiment le Festival est arrivé! Lever 7h30 du matin et, dans le brouillard (pas celui de Cannes, que l’on se rassure, mais celui d’un cerveau moyen de journaliste à 7h30), un petit trajet au pas de course jusqu’à l’Espace Miramar pour la projection de WILDLIFE, le premier film de l’acteur Paul Dano (LOOPER, THERE WILL BE LOOD, LITTLE MISS SUNSHINE), ouverture de La Semaine de la Critique.

Photo: La salle de l’Espace Miramar

Espace Miramar - Semaine de la Critique

WILDLIFE, c’est l’éclatement d’une famille « modèle » des années 60, modèle mais courant après l’argent. Le tout vu au travers des yeux du fils qui voit son père perdre son job, puis quitter la maison pour faire le pompier au milieu de nulle part et sa mère partir en vrille en chassant un veuf fortuné pour subvenir à leur besoin. C’est plutôt disruptif mais filmé (un peu trop) avec méthode et ça reste intéressant.

Ensuite course vers le Palais pour capturer quelques moments et quelques photos de la conférence de presse de TODOS LO SABEN, film d’ouverture projeté la veille. Javier Bardem et son épouse Penelope Cruz sont là ainsi qu’Asghar Farhadi, le réalisateur iranien, et les producteurs. Le reste du casting féminin est là aussi mais pas sur scène. Beaucoup de questions, bien sûr, et beaucoup d’interrogations sur comment Farhadi aborde un film tourné en espagnol. Explication: il s’est imprégné de l’Espagne pendant 5 ans et a passé 2 ans en Espagne avant le tournage pour apprendre l’espagnol (qu’il comprend un peu mais ne pratique pas). Chapeau bas Monsieur Farhadi! Et au milieu de tout cela, une petite question piège (on le sentait dans le ton employé, semi-amusé) d’une journaliste à Penelope Cruz et à Javier Bardem: avez-vous eu le même salaire? Réponse de Penelope avec un grand sourire une fois l’étonnement passé: oui, bien sûr. 1-0 en faveur de Penelope.

Photo: de gauche à droite: Javier Bardem, Asghar Farhadi, Penelope Cruz, Alexandre Mallet-Guy, Ricardo Darin

Todos Lo Saben - Conférence de Presse

Heure de midi, heure du repas, frugal mais nécessaire pour entamer la vision de RAFIKI de Wanuri Kahiu à la salle Debussy dans le Palais (on vous avait dit que cette série d’articles s’appelait Nouvelles du Palais?) à 13h45, dans le cadre de Un Certain Regard.

Film Kenyan, réalisé par une femme, RAFIKI montre si besoin était la modernité du cinéma africain non seulement dans ses sujets (l’amour entre deux lycéennes) mais aussi dans sa mise en scène rythmée par les couleurs et une musique pop très appropriée. Le sujet n’a évidemment pas été facile à traiter dans un pays où l’homosexualité est encore punissable de prison!

Un temps pour les films, un temps pour le repos et l’écriture en attendant la projection de YOMEDDINE du cinéaste Egyptien Abu Bakr Shawky. Trois visions sont prévues en plus de celle du Théâtre Lumière ce qui permet à tous les journalistes (ou presque) de voir les films du soir. Vers 18H30, retour au palais pour le film Egyptien, donc.

Film en compétition, YOMEDDINE est un road movie au travers d’une partie de l’Egypte, une sorte de buddy-movie entre un adulte et un gamin. Dis comme ça, cela fait un peu plat, mais lorsque l’on apprend que l’adulte est un lépreux, cela change largement la donne. Film sur la différence, il stigmatise aussi une Egypte qui ne fait pas grand-chose pour aider les lépreux qui se trouvent sur son territoire, si ce n’est les laisser survivre tant bien que mal face à une population assez vindicative. L’interprétation y est plutôt bonne et les dernières 15 minutes sont particulièrement grandioses.

Somme toute, c’était un bon final pour une journée en direct du Palais.

Et demain, le soleil se lèvera encore sur Cannes.

 

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...