Rencontre avec un des plus célèbres duos de comiques français

Nous avons eu la chance de rencontrer Eric et Ramzy, le duo à la base d’une comédie française culte, LA TOUR MONTPARNASSE INFERNALE qui était en promo pour le préquel du film : LA TOUR 2 CONTROLE INFERNALE. Sur les 10 minutes d’interview, il n’y avait pas grand chose de potable tant les petits rigolos ne font que déconner. Vanne sur vanne. En permanence. Enfin, c’était drôle. C’est déjà ça.

Comment vous est venue l’idée de faire un film centré sur les pères des personnages de La Tour Montparnasse Infernale ?

Ramzy : En fait, c’est parti d’une vanne. Quand on se disait « Aller, on va partir sur l’écriture du deux. Comment on attaque un deux ? » surtout qu’on déteste ça. Il Il devait y avoir une bande-annonce de Star Wars à la télé et on s’est dit qu’on ferait un préquel.

Eric : C’est pas possible Ramzy parce que c’était il y a trois ans.

Ramzy : C’était à peu près un truc de Star Wars. En tout cas il y avait un préquel qui sortait à ce moment là.

Eric : Oui mais c’était pas Star Wars.

Ramzy : On s’est rendu compte qu’un préquel ça va pour les films assez lourds, les sagas, les films qui racontent vraiment quelque chose. On s’est dit que ça serait super un préquel vu qu’on n’a rien raconté avant. Voilà. Du coup, les pères.

Dès le départ, vous avez voulu réaliser le film ?

Eric : Dès le départ, on savait qu’on voulait le réaliser. On ne savait pas qui mais on savait maintenant nos propres textes. Les choses qu’on écrit, maintenant, on ne les donne plus à quelqu’un, à une tierce personne parce que, réaliser, c’est écrire à nouveau par-dessus le scénario. C’est une écriture en soi de réaliser.

Ramzy : Et l’écriture sur soi c’est encore plus difficile. Et l’écriture avec de la soie…

Eric : C’est cher.

Et pourquoi ne pas l’avoir réalisé à deux ?

Ramzy : Parce que nous avions réalisé à deux Seuls Two, un film génial, et on s’était un peu marché sur les pieds. On n’est pas les frères Dardenne. On aimerait bien. Malheureusement, on a démarré il y a 20 ans sur scène et, il y a 20 ans, on était deux marrants. On a muri et on a eu d’autres velléités dont celle de devenir réalisateurs et on ne pouvait pas faire ça à deux. On s’en est bien rendu compte sur Seuls Two.

Eric : Il a été assez gentil pour me filer le bébé.

Ramzy : Comme monsieur sortait de deux saisons de l’excellente série Platane et qu’il avait son équipe, son talent, son énergie et il a surtout une volonté de réaliser, j’aurais été complètement con de dire « Non, on le fait à deux quand même. »

Ramener Serge Riaboukine et Marina Foïs c’était obligé ?

Eric : C’était essentiel comme tous les gens qui font des suites à leur film, ils reprennent les personnages qui étaient populaires.

Ramzy : Si on faisait un film de H, ça serait très bizarre qu’on ne reprenne pas Jamel.

Eric : Et le professeur Strauss. Qu’est-ce qu’on nous en parle de ça d’ailleurs. Mais à partir du moment où on faisait un préquel de La Tour Montparnasse, on était obligés de prendre Serge et Marina. On a oublié de prendre Pef et le chinois. Le chinois c’est une connerie. On l’a oublié.

Vous avez un humour burlesque particulier. Quelles sont vos influences ?

Eric : On en a plein. A part Pierre Richard, elles sont essentiellement anglo-saxonnes. De Steve Carrell à Jim Carrey en passant par Will Ferrell, Ricky Gervais.

Après tant d’années à travailler ensemble, apprenez-vous encore des choses ? Arrivez-vous encore à vous surprendre ?

Eric : Ah oui. J’ai vraiment l’impression qu’on évolue, chacun de notre côté donc quand on se retrouve comme sur ce film, on apporte chacun notre petite dose d’expérience accumulée de notre côté. On arrive à se surprendre, à découvrir des facettes de l’autre qu’on ne connaissait pas avant.

Vous comptez encore rebosser à trois avec Quentin Dupieux ?

Ramzy : Ah bah oui.

Eric : Il a écrit un film pour nous. Ca s’appelle Garde à l’œil. On devait le tourner là mais, pour des raisons de production et de planning, c’est reporté à l’année prochaine.

Ramzy : C’est compliqué à monter comme film parce que c’est étrange et ça n’attire pas les spectateurs. Ils ne valent pas grand chose les films mais, l’argent, c’est compliqué.

Ils sont cools ses films.

(ensemble) Ils sont géniaux.

Eric : Nous on adore mais il n’y a pas de spectateurs pour ces films. Il y en a peu.

Ramzy : Un jour il y en aura. Un jour, toute son œuvre va ressortir.

Eric : Tu ne l’as pas vu Réalité ?

Ramzy : Non je ne l’ai pas vu.

Eric : Je l’ai revu avant-hier, c’est gé-nial. Chabat est génial dedans. Il est hilarant.

Ramzy : Depuis le temps qu’il voulait tourner avec Chabat. Il a fait son rêver.

Et là, le fait de retourner ensemble sur un gros projet, ça vous donne envie de le refaire dans le futur ?

Eric : De monter sur scène.

J’allais y venir.

(Ils rient)

Eric : On a très très envie. Là en faisant la tournée, on voit que les gens sont là, qu’ils se marrent. Ils ont envie qu’on déconne devant eux et nous on a envie de déconner devant eux.

Ramzy : C’est reparti les spectacles de 3 heures et demi. On est un peu les Prince de l’humour. Pas en termes de talent mais en termes de durée. On est un peu les Francis Lalanne.

En termes de talent là du coup.

Ramzy : En termes de talent.

Si cette interview vous semble courte et/ou que vous avez l’impression qu’il y a des transitions bizarres, c’est normal. Beaucoup de choses ont été coupées. Ce qui est certain, c’est que, quand on rencontre Eric et Ramzy, on ne s’ennuie pas une seconde…

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.