Profitant d’un passage à Bruxelles pour présenter le film à l’équipe (le film a été tourné quasiment entièrement en Belgique), Pef et Didier Bourdon ont répondu à nos questions à propos des PROFS 2.

Comment avez-vous repris le rôle de Tirocu (tenu à l’origine par Christian Clavier) ?

Pef m’a appelé, j’avais beaucoup aimé le premier et il y avait un problème de dates pour Christian Clavier. Pef avait un tel enthousiasme et il avait tellement envie que ce soit moi que ça m’a donné envie de le faire. Je me suis dit que j’avais bien repris La Cage Aux Folles, avec Clavier d’ailleurs, alors que les gens disaient qu’après Poiré et Serrault ça ne serait pas aussi bien alors que ça peut être un rôle joué par plein de monde. La partition était très sympa, même mieux que dans le premier, pour Tirocu. J’ai proposé le côté babacool pour donner une couleur un peu à moi et Pef était enthousiaste donc on a commencé comme ça.

Vous connaissiez l’univers de la bande-dessinée ?

Pas trop non. Je ne suis pas très BD. Je ne savais d’ailleurs pas que le premier film était tiré d’une bd. Puis il y a l’univers de Pef qui s’inspire beaucoup de ça. Avec les Robin des Bois il y a un côté bd je trouve. Je crois qu’il s’en est inspiré au niveau des personnages. Après, l’histoire, principalement au niveau du deux, c’est complètement inventé.

Vous connaissiez l’univers de Pef ?

Ah oui, ça oui. Je connaissais aussi le premier film. Je me souviens, quand je le regardais je me demandais ce que c’était puis j’ai eu des beaux fou-rires. Ce qui est bien dans ces films là c’est que les méchants sont très bien joués. Dans le premier, tout le staff du lycée était formidable et là il y a une femme dont on ne parle pas assez, Laura Benson, qui joue l’anglaise. C’est toujours bien d’avoir dans des films délirants des méchants comme ça. On parlait de La Cage Aux Folles, il y a des méchants, ils sont mis en valeur.

Il y a également celui qui ressemble au personnage de Rusard dans Harry Potter.

Le grand ? Oui c’est ça. Le type ça ne rigole pas. C’est toujours intéressant pour le ressort comique. On dit le méchant mais c’est un peu comme ça que ça se passe dans les collèges anglais. C’est pour ça que l’idée de mettre des professeurs français dans un collège anglais est une très bonne idée de la part de Pef.

Comment s’est passée votre intégration dans cette bande de potes qui existait déjà depuis un film ?

Super bien. Ca s’est super bien passé. Je suis assez ouvert mais j’avais plus peur qu’eux soient trop unis entre eux. Finalement non, ça s’est très très bien passé. C’est passé très vite. Déjà aux répétitions. Certains étaient un peu impressionnés parce qu’ils ne me connaissaient pas mais je les ai mis à l’aise. Pef y est pour beaucoup. C’est quelqu’un qui met les gens à l’aise puis c’est un acteur aussi.

Christian Clavier jouait le personnage d’une certaine façon. Vous le jouez d’une manière complètement différente. C’était une volonté de votre part de se différencier ?

Non. Je l’ai joué à ma manière. C’est, comme je vous le disais, un rôle que plusieurs personnes peuvent jouer. Je pense, je souhaite que s’il y a un troisième opus ils m’appellent pour le faire, qu’un autre acteur pourrait le jouer. Je pense à quelqu’un comme Daroussin qui aurait pu le faire très bien. Le côté babacool me faisait rire. Il se plaint tout le temps, veut tout le temps être en vacances, j’en ai connu des comme ça. C’est pas quelqu’un d’antipathique mais qui se permet des trucs incroyables. On ne va rien dévoiler mais, pour que ça passe, faut vraiment que le mec plane. J’ai essayé de jouer sur cette carte là parce que ça me plaisait.

Kev Adams fait partie d’une nouvelle génération de comiques. Que pensez-vous de cette génération ?

La seule différence, c’est que ce sont plus des solitaires à la base. Ce sont plus des mecs qui font des one-man-show, comme Norman ou Cyprien et après, ils vont participer à des films. Je n’ai pas connu ça. Nous on était trois, on peut faire du théâtre, même quatre à un moment donné. Le Splendid aussi, Les Nuls aussi étaient plusieurs. Est-ce que c’est économique ? Il y a le côté média aussi. Kev Adams m’a inscrit sur Vine, j’ai découvert des trucs. Je n’ai rien fait encore mais ça donne envie de le faire seul. Même Norman à trois … Il a des invités parfois mais il faut un fil conducteur. La technologie veut peut-être ça aussi.

Il y avait un côté « on se sert les coudes » à l’époque ?

Je ne sais pas, c’est une bonne question. Ce n’est pas pour ça qu’on le faisait évidemment mais c’est possible. Après il y a des mecs qui ont plus l’esprit du one-man-show que d’autres. Smaïn, qui a démarré avec nous, l’avait. Il était déjà dans le truc. Ce qui est curieux c’est le contraire. Pourquoi n’y a-t-il pas de groupes aujourd’hui ? C’est peut-être la technique.

Est-ce que c’est compliqué de travailler avec quelqu’un qui est habitué à jouer seul ?

Faut le demander à lui. Je n’ai pas beaucoup de scènes avec Kev mais, le peu que j’ai vu, il se prête au jeu, il travaille. Il est jeune, il n’est pas abimé. Les one-man-showmen de longue date ont peut-être le défaut de ne pas assez écouter. Kev est très à l’écoute. Il ne joue pas seul. Pour comparer, je pense que Kev Adams a peut-être plus d’avenir au cinéma que Gad Elmaleh. Gad, qui peut-être va progresser, il n’a pas ses marques alors qu’il est brillantissime sur scène. A force d’être seul, on écoute moins, on joue presque seul. Jouer la comédie c’est beaucoup écouter. Kev a fait un vrai travail d’acteur.

Vous avez une carrière riche. Y-a-t-il des choses que vous n’avez pas encore faites ?

Un one-man-show mais je ne sais pas si j’aurais envie. J’ai été voir Pascal (Légitimus NDLR), je lui ai dit chapeau. Ca me tenterait d’essayer, c’est du boulot mais, est-ce que c’est vraiment mon kiff ? Je ne sais pas. Un seul en scène ça serait possible. Ce n’est pas pareil. Il y a plein de personnages, c’est un spectacle normal. Un one-man-show, il y a un rapport avec le public. C’est très étrange. Avec Les Inconnus, à part un peu dans la revue de presse et dans les vigiles, on n’avait pas de contact avec le public. Mais on gardait nos personnages.

Au cinéma, vous n’avez pas envie de revenir vers la réalisation ?

Là j’ai un peu mis la pédale douce. J’ai des projets mais je crois que je n’ai plus trop envie de mettre en scène et de jouer en même temps. Pour l’instant, j’ai envie de mettre en scène mais de ne pas jouer en même temps. Là je n’ai pas de projet précis. J’ai des projets où j’ai de très beaux rôles, enfin, où je me donne de très beaux rôles, et je ne serai pas réalisateur. Je serai derrière mais je ne dirigerai pas. J’aime bien me faire diriger. C’est bien d’être entre les mains d’un réalisateur en qui on a confiance.

Quels sont vos projets maintenant ?

Celui dont je peux parler qui sortira à la fin de l’année c’est avec Alexandra Leclère qui avait fait LES SOEURS FACHEES et LE PRIX A PAYER. C’est un sujet d’actualité puisque ça parle d’immigrants. Je joue le mari de Karin Viard et il y a une belle distribution dont Patrick Chesnais, Josiane Balasko. C’est une comédie acide. C’était très sympa à jouer. Les autres je n’en parle pas pour le moment mais il y en a. Faut les protéger.

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.