Nom de Zeus !

Il y a quelques mois, on avait assisté à son Q&A donné lors de FACTS, la convention la plus importante du Bénélux, quelques semaines à peine avant la sortie du coffret 30ème anniversaire de la saga Retour vers le futur. Quand l’opportunité de le rencontrer en face à face s’est présentée, autant dire qu’on n’a pas hésité une seconde. La rencontre s’est faite lors de Fantasia, le festival de films fantastiques le plus important d’Amérique, à l’occasion de la projection du film I Am Not A Serial Killer. Ce n’est pas faute d’avoir essayé mais, à notre grand dam, nous n’avons pu voir le film avant l’interview. En résulte donc un entretien principalement axé sur la carrière de ce grand monsieur qui compte les rôles emblématiques comme Michael Phelps compte ses médailles olympiques.

Il en impose toujours autant mais on sent le poids des années passées. Rien à faire, il a tout de même 77 ans. Cependant, pendant tout l’entretien il aura montré de l’intérêt pour les questions posées et aura fait de son mieux pour y répondre. C’est à ça que l’on reconnaît un grand monsieur.

Vous avez joué dans beaucoup de films de genre et par genre j’entends fantastique, science-fiction et horreur. Pourtant, il y a souvent un aspect comique dans vos rôles. Vous avez collaboré avec Andy Kaufman sur la série Taxi. Que vous a-t-il appris à ce niveau ?

Andy ? Beaucoup de monde se demandait s’il était fou. Je n’ai jamais senti ça. Je pense plutôt qu’il avait un sens comique particulier. Il exposait au public sa routine comique et ses personnages là où il pouvait. Il était authentique et travaillait beaucoup ses personnages. On a eu beaucoup de fou-rires sur Taxi. C’était facile de travailler avec lui. Il était vraiment très sympa. Il ne m’a pas vraiment aidé. J’avais ma propre sensibilité. On avait des procédés relativement similaires mais ça se limitait à ça.

Quelle est votre relation avec le cinéma de genre ? Une grande partie de votre filmographie est inscrite dans ces styles que sont le fantastique, la science-fiction et le cinéma d’horreur.

Peu importe le genre, si je trouve le scénario bon, ça ne doit pas être un scénario absolument génial non plus mais, si ça fonctionne et que je trouve une connexion avec le rôle qu’on me propose, c’est ma principale préoccupation. Il faut que le public puisse s’identifier au rôle aussi évidemment. Peu importe le genre, mes critères restent les mêmes. J’ai toujours aimé rencontrer le réalisateur avant de me lancer dans un projet. Déjeuner avec, discuter avec, tout ça pour voir si on est sur la même longueur d’ondes, si on a les mêmes idées. Peu importe ce que c’est, j’essaie toujours.

Y-a-t-il un genre ou personnage que vous n’avez essayé et que vous désirez jouer ?

Je ne sais pas vraiment. Je ne sais pas ce qui va arriver avant que je ne lise le script. Que je vois ce qu’il y a et ce que je peux faire. Je ne pense pas vraiment à ce que j’aurais pu faire avec tel ou tel personnage. Je prends ce qui vient. Parfois je fais des films dont je n’entends plus jamais parler et parfois je fais des films comme I Am Not A Serial Killer qui semble avoir une jolie carrière en festivals, c’est chouette.

Que ça soit Oncle Fétide, Juge DeMort, votre personnage dans Une journée de fous ou dans Denis La Malice, vous semblez attaché à des personnages plutôt fous. Pour quelle raison ?

C’est vrai que j’en ai fait un paquet. Parfois, on me choisit pour un rôle de ce type et je me demande ce qu’ils voient en moi qui pourrait coller au rôle (rires). Je ne cherche pas un type de rôle en particulier. J’adore jouer ces personnages en tout cas. Juge DeMort ou Oncle Fétide, mon personnage dans Star Trek, je les aime tous. Ces personnages doivent être réels. Ils doivent être étranges et bizarres. Le public doit croire en eux. Je travaille très dur pour les rendre vivants et humains dans un certain sens. Si on ne croit pas le personnage, on ne croit pas en l’histoire. Le public doit pouvoir sentir un lien.

Vous jouez souvent des personnages nécessitant beaucoup de maquillage et de costumes. Est-ce quelque chose que vous aimez particulièrement et cela vous aide-t-il ?

La première fois que je lis un scénario, je m’attarde sur les quelques notes que le scénariste a écrites concernant mon personnage. Ensuite je pense à ce à quoi il ressemble, les vêtements qu’il porte, quel genre de costume il a, s’il a une moustache,… Spécialement mon personnage dans Star Trek. J’étais un klingon donc j’avais beaucoup de choses à porter sur le visage. C’est beaucoup d’amusement à chaque fois. Mais vraiment, je me concentre beaucoup là-dessus avant d’accepter un rôle.

Est-ce que votre vision du cinéma est la même que celle que vous aviez quand vous étiez plus jeune ?

La technologie a changé beaucoup de choses. Ce qu’on peut faire en post-production et la façon de filmer ont changé. Pour moi, ça ne change rien. La façon de travailler est la même. On se prépare, on y va, la scène est préparée, le réalisateur dit action puis coupe. Peu importe la modernité de la chose, le travail est toujours le même. Action. Coupez. Ca se limite à ça et ça n’a pas changé.

Quels sont vos désirs en tant qu’acteurs ?

Je veux juste continuer. Continuer de jouer. J’adore faire ce métier et j’espère le faire jusqu’à ce que je ne puisse plus.

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.