Voleur De Vie
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Voleur De Vie

par Jean-Dominique Quinet
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 105’
Genre:
Date de sortie: 29/09/1998

Cotation:

2 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Olga, sa fille Sigga et sa soeur Alda vivent dans un ancien presbytère, face à l'océan. Olga, l'aînée, entretient la maison, et nourrit la petite famille. Une famille pour qui elle a tout sacrifié. Emprisonnée dans de sombres pensées, dans les relents d'un passé malheureux et dans une routine morne, elle n'a plus la force de lutter contre son destin. Elle vit à travers Alda, qui incarne tout ce qu'elle se refuse. Alda couche avec de nombreux amants, mais n'a pour eux jamais éprouvé le moindre sentiment. Car Alda, elle aussi, traîne le poids des souvenirs.
Entre les deux soeurs, Sigga cherche sa voie...

 

Notre critique:

On le comprend dès les premières minutes. VOLEUR DE VIE est un film de personnages. Et quels personnages! Olga et Alda sont les deux reflets d’une même femme brisée. Leurs actes sont vains, parce qu’elles ont depuis longtemps cesser de croire. Elles sont si loin dans leur désespoir qu’il nous devient difficile de les comprendre ou, en tout cas, de partager leur détresse. Au sein de la tourmente, seule Sigga, l’adolescente, nous donne quelques points d’accroche.

Les caractères qu’a mis en scène Yves Angelo (COLONEL CHABERT, UN AIR SI PUR) sont extrêmes et intellectualisés au possible. Par conséquent, hélas, ils sont peu émouvants car ils manquent de réalisme. A la longue, ils deviennent carrément ennuyeux.

La mise en scène d’Angelo participe d’ailleurs à cette lassitude. Le réalisateur français aime les micro-univers en décalage. Il a donc situé l’action du VOLEUR DE VIE dans un décor terrible: un ancien presbytère entouré d’un cimetière et qui fait face à l’océan. Le lieu traduit à merveille l’état d’esprit des deux soeurs, et Angelo ne va pas se gêner pour nous le rappeler. Il appuie chacun de ses plans dramatiques avec un plan extérieur. Cette pratique quasi systématique enfonce un clou qui, déjà, nous avait traversé la gorge. Pas besoin de ce procédé lourdaud pour nous signifier le caractère pathétique de la situation! A force d’élans emphatiques, Angelo noie son sujet.

Seul intérêt dans cette tempête intello-ennuyeuse, trois actrices de talent. On peut reprocher à Sandrine Bonnaire (Secret Défense) son regard pitoyable et ses dialogues pesants (« La souffrance de la mort n’est rien par rapport à la souffrance de ma vie.« ) Il faut pourtant avouer qu’elle donne corps et âme à Olga. Plus réjouissante – car plus réussie – est l’interprétation d’Emmanuelle Béart. Pétillante mais paradoxalement froide, Alda donne au film ses seuls rayons de soleil. Vahina Giocante (Marie Baie Des Anges), la nouvelle venue, tient tête dignement face à deux stars du cinéma français. Enfin, André Dussolier (On Connait La Chanson), vieux compère d’Angelo, montre le bout du nez. Il joue peu, mais juste. Et il incarne un des rares personnages positifs de cette galère…

En somme, VOLEUR DE VIE est bien décevant et finalement anecdotique par rapport aux sorties françaises de cette période de l’année. Angelo n’a pas encore réussi à nous convaincre…