Accueil Critiques Vivre Au Paradis

Vivre Au Paradis

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe :
Genre :
Date de sortie : 16/03/1999

Cotation :

3 of 6 stars

Si vous avez manqué le début:

Un homme vit seul. Il oublie les visages de sa femme et de ses enfants, restés dans le Sud Agérien. Lui, Comme tant d'autres oubliés de l'Histoire, il vit en France dans un des bidonvilles naissant aux portes des agglomérations françaises dans les années cinquante. Préservant les traditions et leur culture pour sauver leur identité, ils font venir leur famille pour les aider à changer de condition, parce qu'à plusieurs on est plus forts.

 

Notre critique:

Lui, c’est Lakdar, il se battra à contre courant, tentant le tout pour le tout pour réussir son intégration afin de pouvoir jouir du confort de l’eau à domicile. Il paiera cher le prix de sa détermination. En voulant sortir la tête hors de l’eau, il se mettra à dos sa famille émigrée par nécessité. Mais loin de baisser les bras, il se battra pour atteindre le bout de son rêve…

La mémoire, la solidarité et l’identité sont au centre de cette oeuvre approchant la compréhension de la relation émigré/société française. Si la comparaison avec LE GÔNE DU CHABBA de Christophe Ruggia est inévitable, le chemin emprunté par Bourlem Guerdjou est différent. Les yeux de l’enfant du premier sont devenus celui d’un adulte dans le deuxième avec sa détermination et ses valeurs. Roschdy Zem est un Lakdar sérieux, solide. Guidé par sa propre culture, son interprétation est sans faille comme porteuse de son passé. Ici, tout s’articule autour de lui et de sa dignité. Et, on ne peut qu’adhérer à la position de sa famille, déracinée par le père qui promet monts et merveilles sans avoir de quoi les loger décemment. Si le film parle de l’intégration, il s’attarde sur le conflit intérieur de cette famille déchirée par des envies diamétralement opposées. Sans verser dans les larmes, le portrait se veut juste et précis. Dommage qu’il vienne après le très réussi premier long de Christophe Ruggia.