Vendredi Soir
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Vendredi Soir

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 90’
Genre:
Date de sortie: 19/11/2002

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Paris, un vendredi soir d'automne. Au milieu de son appartement vide, Laure remplit ses derniers cartons de déménagement. Demain est un grand jour pour elle, puisqu'elle a décidé de sauter le pas pour aller s'installer chez François, son fiancé. En attendant, pour ce dernier soir en célibataire, elle a projeté d'aller souper chez un couple d'amis. A peine le temps de s'engouffrer dans sa petite voiture et voilà qu'elle se retrouve coincée au beau milieu des embouteillages monstrueux qui paralysent la capitale suite à une grève générale des transports. Dans l'assourdissant tintamarre des klaxons, un inconnu, sans doute un auto-stoppeur forcé et transit de froid, vient frapper à la vitre de sa voiture. Apparemment anodine, cette rencontre va pourtant bouleverser sa soirée.

 

Notre critique:

Il paraît que faire l’amour avec un ou une inconnu(e) est un vieux fantasme bourgeois qui ne se démode pas. En tous les cas au cinéma ce genre d’aventure a déjà été décliné sur tous les airs et dans toutes les positions. Qu’importe, après avoir goûté à l’amour anthropophage (TROUBLE EVERY DAY), Claire Denis tente l’expérience défendue de la folle liaison d’un soir en décidant d’adapter le roman éponyme d’Emmanuèle Bernheim.

Préférant les variations atmosphériques aux paysages exotiques, le jeu des silences et le langage des corps aux envolées romanesques et aux grandes tirades, la cinéaste ne s’embarrasse pas d’explications narratives et encore moins de psychologie pour nous planter le décor de cette histoire somme toute banale et sans surprises. De Laure et Jean on ne saura quasiment rien, de longues plages de silences en regards qui se croisent, le huis clos qui s’installe dans leur voiture fera office de préliminaires. Vitres embuées, néons de la ville, bouts de corps morcelés, mains qui se touchent ou encore draps qui bruissent, c’est épuré et nettoyé de tout érotisme afin de mieux jouer sur les sensations et les ambiances, qu’elle a décidé de filmer cette nuit d’amour sans lendemain.

Vous voilà donc prévenus, à moins d’être un fervent amateur de sensations vaporeuses et nocturnes surréalistes, il y a peu de chances que ce VENDREDI SOIR puisse vous captiver et vous charmer. Remarquez que si vous êtes sujet à la somnolence ou à l’engourdissement de la fin de semaine, le gros roupillon libérateur saura peut-être vous sauver de l’ennui ferme. Et pourtant le talent et l’interprétation de la surprenante Valérie Lemercier n’y sont malheureusement pour rien.