Valerian and the City of a Thousand Planets

Ah, Dieu sait si on l’attendait en Europe ce VALERIAN AND THE CITY OF A THOUSAND PLANETS! Pour plein de mauvaises raisons d’ailleurs: d’abord parce qu’il s’agissait de l’adaptation d’une BD culte dans l’univers franco-belge de la BD, ensuite parce que les ‘teasing’ successifs de Luc Besson (THE FIFTH ELEMENT, LUCY) à la tête de cette gigantesque machinerie nous avaient mis l’eau à la bouche, enfin parce que le casting laissait pantois, les choix ne semblant pas des plus judicieux et laissait à penser (de façon justifiée au regard du résultat) que l’alchimie entre les deux interprètes ne prendrait pas, et parce que le budget prévu était incroyable pour un film français (180 millions de dollars, semble-t-il).

Mélangeant la thématique du tome 2 (“L’empire des mille planètes” et son marché) et l’histoire du tome 6 (“L’ambassadeur des ombres” dans lequel la station Alpha est en fait Point Central), le scénario de Besson pioche dans l’oeuvre de Christin et Mézières sans en retranscrire hélas la thématique principale du récit. Car Laureline et Valérian sont d’abord des agents spatio-temporels, et pas de simples voyageurs de l’hyper-espace à la Star Trek. Et on peut se demander pourquoi avoir perdu cette dimension de manipulation du temps (même si il faut bien dire qu’elle n’est pas exploitée dans “L’ambassadeur des ombres”)?

Mais l’adaptation manquée ne s’arrête pas là, et on ne comprend pas non plus pourquoi Besson a été prendre des idées dans tous les films précédents (STAR WARS, STAR TREK, etc), mettant en scène dans la deuxième partie du film de nombreux combats spatiaux, plutôt que d’user du matériel inédit à sa disposition, inédit mais aussi très riche. Par exemple, où sont donc passés l’humour à répétition des Shingouz (les 3 vendeurs d’information) ou les gags adorablement grinçants du transmuteur grognon (renommé en ‘convertisseur’)?

Côté personnages, Valérian (interprété par Dane DeHaan, A CURE FOR WELLNESS) est plutôt loin des caractéristiques du héros original, tandis que Laureline (joué par Cara Delevingne, PAPER TOWNS, SUICIDE SQUAD) bénéficie largement du caractère fort de son homonyme de papier, le duo ne fonctionnant pas parfaitement malheureusement.

Cela étant dit, et si clairement le scénario prend le public dans le sens basique du poil avec un humour très simpliste, Besson tente de déployer tous les effets spéciaux possibles et inimaginables dans un maelström de couleurs qui rend plutôt hommage au côté psychédélique de la BD (qui avait commencé en 1967 dans Pilote) mais qui perd son côté magique par un abus et un délire sans mesure, amenant le spectateur à un épuisement des pupilles sans le rendre pour autant plus satisfait du spectacle qu’il vient de voir.

Il y a donc de la déception dans l’air, principalement due à la qualité de l’oeuvre originale, mais aussi au manque d’enjeux un peu plus sophistiqués absents d’un scénario trop simple. Reste enfin à voir si cette gigantesque machine de guerre va convaincre le public visé alors que sa sortie en été en même temps qu’un DUNKIRK, SPIDER-MAN: HOME COMING ou encore  WAR FOR THE PLANET OF THE APES en compromet sérieusement l’impact.

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