Une nouvelle amie

Une nouvelle amie

Et si Claire ne se remet pas de la perte de celle qu’elle a toujours suivie et imitée, David, lui, sombre dans une mélancolie et dans une lente transformation vers l’autre sexe.

Après Claude Chabrol (LA CEREMONIE), Claude Miller (BETTY FISHER ET AUTRES HISTOIRES) ou encore Pedro Almodovar (CARNE TREMULA), c’est donc au tour de François Ozon d’adapter une nouvelle de Ruth Rendell, The New Girl Friend datant de 1985, une histoire de transformation, de sexe et de subtile perversité qui aurait certainement plu au maître du suspens Alfred Hitchcock.

Et qui mieux que Ozon pouvait mettre en scène un sujet aussi ‘casse-gueule’ sans jamais se fourvoyer dans le scabreux et sans jamais s’écarter de la ligne directrice d’une histoire qui flirte dangereusement avec les limites? Peu de réalisateurs/scénaristes sans aucun doute.

En grattant lentement mais sûrement en dessous de la surface des rapports qui s’installent entre Claire et David, Ozon crée la surprise et conduit le spectateur au coeur même de la relation sans jamais -et c’est le plus important- se moquer de ses personnages. Et que cela soit Romain Duris, dont le plaisir à se travestir, transpire au travers de l’écran, ou encore Anaïs Demoustier, flirtant avec l’ambiguité de son rôle, jamais le ridicule n’envahit le récit, la mise en scène lissant les aspérités d’une relation sur le fil.

Quand il met dans la bouche de ses personnages des aphorismes du genre: “C’est quoi une vie de femme? Une vie où je pourrai faire tout ce que l’on m’a interdit en tant qu’homme”, on se rend bien compte qu’Ozon prend plaisir à montrer que la limite entre les sexes est bien plus ténue que l’on ne le croit. Et que la féminité comme la masculinité n’existe que dans la comparaison avec l’autre sexe.

Et même si ce n’est pas la première fois dans son oeuvre, UNE NOUVELLE AMIE est clairement l’un des films du cinéaste dans laquelle l’ode à la féminité est sans doute la plus présente.

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