Un Jeu D'Enfants
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Un Jeu D’Enfants

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Un Jeu D'Enfants

Equipe:
Durée : 85’
Genre:
Date de sortie: 03/07/2001

Cotation:

3/ 6

Si vous avez manqué le début:

Mariés, deux charmants bambins et une bonne situation, Marianne et Jacques mènent une vie tranquille et sans histoires dans leur vaste appartement dont ils viennent d’hériter. Jusqu’au jour où ils reçoivent la visite d’un couple de vieillards à l’allure étrange, les Worms. Frère et sœur, ces derniers disent avoir habité le lieu il y bien longtemps et souhaitent pouvoir le revoir. Après leur départ, tout va commencer à se détraquer pour la petite famille et une série de phénomènes bizarres se succéderont. Alors que la bonne se suicide et que son mari glisse peu à peu vers la folie, Marianne sombre dans la paranoïa et semble de plus en plus persuadée que ses enfants sont envoûtés et lui veulent du mal. L’horrible vérité va percer progressivement de ce cauchemar insidieux.

 

Notre critique:

En décidant de tourner son deuxième long métrage sous la houlette de Bee Movies, Laurent Tuel essuie les plâtres de cette toute jeune maison de production au concept plutôt sympathique. En effet, ce nouveau label créé par des passionnés de série B cultivant un goût pour les films décalés, souhaite pouvoir ranimer un cinéma de genre à la française. Grâce à de jeunes réalisateurs prêts à prendre des risques et à travailler avec de petits budgets, plusieurs films de style varié (horreur, comédie fantastique, gangsters…) doivent ainsi voir le jour. UN JEU D’ENFANTS est le premier né de la série.

Ce film est né d’une simple question que nous nous sommes tous posés à un moment donné. Qu’est-ce qui nous ferait le plus peur? Pour le réalisateur, point de monstre bavant, de morts-vivants purulents ou de bestioles pustuleuses, mais juste une idée toute simple: celle que le mal puisse venir de ceux qu’il aime le plus et contre lesquels il lui serait difficile de lutter, en l’occurrence ses enfants. Ajoutez-y une autre idée qui nous a aussi un jour traversé l’esprit, à savoir: retourner sur les lieux de notre enfance pour les visiter. Amusez-vous à jongler entre le réel et l’irrationnel et vous voilà paré pour entrer dans la cour de ce JEU D’ENFANTS. Réalisé avec une véritable économie de moyens et juste quelques grammes d’effets spéciaux, ce film destiné à jouer avec nos nerfs et nos angoisses se voit donc contraint de rivaliser d’inventivité et de rigueur. D’autant plus que l’idée du mal qui peut prendre toutes les formes, y compris les plus séduisantes, est un sujet plus que réchauffé. Et c’est là que le bât blesse car, si des réalisateurs comme Georges Franju ou Jacques Tourneur ont prouvé qu’avec un minimum d’effets et un maximum d’audace et d’originalité on pouvait faire grimper le trouillomètre très haut, l’exercice n’en reste pas moins périlleux et réclame de grandes qualités.

Malgré un Charles Berling plutôt étonnant et une Karin Viard inattendue au tournant (elle n’avait pas tourné depuis son César en 2000), l’effet chair de poule souhaité ne tient pas ses promesses. A trop vouloir nous plonger dans le mental de ses personnages et nous faire douter de tout, Laurent Tuel désamorce son suspens et enferme son film dans un minimaliste ambiant étriqué. Son JEU D’ENFANTS n’est plus alors qu’un simple divertissement tout juste bon à provoquer quelques légers frissons, à moins que ça ne soit la climatisation de salle poussée trop fort.