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Un Amour de Sorcière

par Olivier Loncin
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Un Amour De Sorcière

Equipe:
Genre:
Date de sortie: 25/03/1997

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Morgane, une gentille sorcière, veut empêcher son fils Arthur de tomber sous l'emprise de son cousin Molok, un vilain sorcier. Elle se met donc en tête de priver Molok de ses pouvoirs. Pour ce faire, elle a besoin d'un homme né le même jour que son fils. Michael Firch, un informaticien de génie, est la personne idéal. Avant que la cérémonie n'aie lieu Molok apprend la supercherie et tente de tuer Michael...

 

Notre critique:

Du point de vue strictement cinématographique, UN AMOUR DE SORCIERE ne marquera vraisemblablement pas son époque. Sympathique histoire de sorcières confrontées au sauvetage d’Arthur, leur ultime descendant, il manque dans sa réalisation la touche de… magie qui aurait rendu le propos réellement merveilleux. Encore que la seconde partie du film (plus sérieuse) se défende mieux que la première où l’on frôle le grotesque notamment à cause du personnage de Michael Firth laborieusement interprété par Gil Bellows. Indéniablement, malgré une évidente bonne volonté, Manzor parait plus à l’aise dans la gravité que dans la comédie à tendance burlesque.

Mais l’important n’est pas là.

L’important d’UN AMOUR DE SORCIERE c’est la rencontre qu’il nous offre entre deux étoiles, l’une en devenir, l’autre devenue, brillante chacune de mille éclats: Vanessa Paradis et Jeanne Moreau.

Cette rencontre-là est un vrai bonheur parce que Jeanne Moreau est une toute grande comédienne (ça, on le savait) et parce que Vanessa Paradis est une toute grande comédienne (ça, certains le pressentaient; les autres vont toutefois devoir s’y habituer même si cela va à l’encontre de leurs idées reçues) et parce qu’ensemble à l’écran elles offrent des images de cinéma faites pour s’inscrire au plus profond de notre imaginaire comme celle de Rita Hayworth retirant son gant dans GILDA. Comme celle de Marilyn s’évertuant par de voluptueux baisers à réveiller la sensibilité amoureuse de Tony Curtis. Comme celle de Louise Brooks dans LOULOU. Comme celle de Jeanne Moreau à bicyclette entre JULES ET JIM.

Ils ne sont pas nombreux ces acteurs qui en un instant investissent l’écran avec une force qui ne doit rien à la durée de leur présence.

Ces dernières années, Leonardo Di Caprio (WHAT’S EATING GILBERT GRAPE), Marisa Tomei (MY COUSIN VINNY) ou Christina Ricci (THE ADDAM’S FAMILLY VALUES) ont marqué l’esprit des cinéphiles de cette façon. Au-delà de leurs qualités de comédiens, il y a une évidence dans leur occupation du cadre qui est absolument fascinante. Il y a cette joie d’être filmé qui transparaît dans chaque geste, dans chaque mimique, dans chaque réplique prononcée. Ce sont des comédiens qui jouent dans tous les sens du terme. C’est à dire qu’à la fois ils interprètent et ils prennent du plaisir, ils s’amusent. Leur présence à l’écran n’a rien d’intellectuelle, rien d’apprêté, rien de factice. Elle semble juste être un bonheur qu’ils nous font partager, avec candeur et sans calcul.

L’image de Vanessa Paradis a cette intensité-là. Espérons qu’elle la conserve à travers le temps et qu’elle rencontre des réalisateurs qui en profiteront pleinement.

NB: Une remarque un peu technique à propos d’UN AMOUR… Comme cela se fait souvent aujourd’hui, toutes les voix ont été réenregistrées en post-production. D’habitude, ça ne se sent pas. Ici, par contre, c’est flagrant au point de donner l’impression d’avoir affaires à un film doublé. Spécial.