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Two Bits

par Jean-Dominique Quinet
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Instant De Bonheur

Equipe:
Durée : 90’
Genre:
Date de sortie: 14/01/1997

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

L'action se déroule en 1933 pendant la Dépression, le jour de l'inauguration du nouveau cinéma La Paloma. Gennaro, 12 ans, a une seule obsession: voir un film. Il a jusqu'à 18 heures pour rassembler les 25 cents du billet d'entrée. Mais l'argent est précieux, dans cette ville où les gens se battent pour un sac de pommes de terre. Après plusieurs combines infructueuses, le jeune garçon s'adresse à son grand-père mourant. Celui-ci lui promet 25 cents après sa mort. Mais en échange, il confie à son petit-fils une délicate mission...

 

Notre critique:

Le générique commence. Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, et d’autres grandes figures de l’épopée du muet se bousculent sur la toile blanche. En quelques images, le ton est donné. Nous voici transportés soixante ans en arrière, à l’époque où « cinéma » rimait avec « magie ». En ce temps-là, une séance de cinéma était un plaisir exquis, un moment extraordinaire qui faisait rêver les enfants. C’est à cette période-là que James Foley nous emmène l’espace d’une heure et demie. Avec plus ou moins de bonheur…rn

A travers un fait divers anodin, Foley dépeint avec force une époque et un climat social méconnus de l’histoire des Etats-Unis. Le principal atout d’UN INSTANT DE BONHEUR est sa superbe photographie. Le cadre et les couleurs, minutieusement choisis, rappellent les vieux clichés jaunis qui traînent dans les coffres des greniers. La reconstitution est très soignée et criante de vérité. Et ce, malgré des moyens très limités: les décors sont peu nombreux, les figurants se comptent sur les doigts de la main. Plutôt que de verser dans le misérabilisme, Foley adopte une réserve pudique et bouleversante, qui humanise son oeuvre.rn

Les trois acteurs principaux crèvent l’écran. Jerry Barone (Gennaro), dont c’est le premier rôle, est exemplaire de retenue et de sincérité. Mary Elizabeth Mastrantonio (ROBIN HOOD, PRINCE OF THIEVES) incarne avec effacement, mais fermeté, une mère sensible et aimante. Al Pacino (HEAT) interprète le grand père qui est au seuil de la mort. Il donne une dernière leçon de vie à son petit-fils, avec toute la verve qu’on lui connaît.rn

Et c’est un peu ce qu’on pourrait reprocher au film: des tirades interminables qui finissent par venir à bout de notre patience. Elles déforcent l’émotion du film, une émotion qui puise sa vitalité dans les regards des personnages, les non-dits et l’atmosphère.rn

Tant pis. Il reste de très belles images. Et une intimité qui se noue entre le spectateur et le film. Un lien fragile, qui baigne la salle obscure dans une magie douce et envoûtante que cet INSTANT DE BONHEUR vous propose de redécouvrir…