Twister

Twister

Scénariste et producteur de TWISTER, Michael Crichton est une des personnalités les plus paradoxales d’Hollywood. Excellent écrivain de science-fiction, réalisateur surprenant (MONDWEST, entre autres), il a également servi d’inspirateur ou collaboré directement aux films les plus bassement racoleurs de ces dernières années (JURASSIC PARK, RISING SUN, DISCLOSURE), reniant parfois l’aspect très critique de son oeuvre. On se demande encore comment il a pu, avec autant de bienveillance, laisser son roman LE PARC JURASSIQUE -contestataire, pessimiste et violent- se faire édulcorer ainsi par Spielberg. En revoyant le tandem de producteurs se reformer sur TWISTER, on a pu craindre qu’il eût abandonné définitivement ses qualités d’auteur. On est heureux de constater qu’il lui en reste encore un peu.

Encore que… Au niveau profondeur, TWISTER est l’histoire la moins ambitieuse qu’il ait écrite. Son thème favori (une version actuelle du classique « science sans conscience,… » où les grands méchants sont toujours les commerciaux) apparaît ici très discrètement. Cela évite de soulever des problèmes éthiques qui ont souvent été mal résolus par ce type de film. Par contre on a droit à la leçon de météorologie la plus complète et la mieux illustrée qui soit. A la manière de Jules Verne dont les romans étaient avant tout didactiques, Michael Crichton, bien aidé par le réalisateur Jan de Bont, nous donne un cours magistral sur la tornade. On apprend tout sur ses causes, sa vitesse, ses formes, sa zone d’aspiration, le jargon utilisé pour la décrire. On la voit de loin, par satellite, en infrarouge, en ultraviolet; mais aussi de près, de très près, au milieu des champs, dansant sur un lac, sous la pluie, accompagnée de grêlons, illuminée par les éclairs. Toujours plus forte, toujours plus dévastatrice. On la frôle. On y pénètre. Et on en ressort franchement secoué. Mais surtout, on voit son potentiel destructeur : arbres, hommes, animaux, camions, villages entiers s’envolent sur son passage. L’expression « du jamais vu » prend ici tout son sens. Ce gigantesque concours de casse justifie à lui seul d’aller voir film.

Pour lier le spectacle, il y a quand même une histoire (mince, d’accord), et des personnages attachants, typiques des romans de Crichton. Prévisible ? Évidemment. Mais la combinaison de l’écriture de Crichton (toujours un peu yé-yé dans l’âme), de la direction de de Bont et de l’interprétation de tous les comédiens, rend ces personnages convenus franchement sympathiques. Helen Hunt se démarque particulièrement. Sa volonté, sa détermination la rendent aussi puissante et fascinante que les tornades qu’elle poursuit.

Jan de Bont provoque aussi la surprise. On lui connaissait son sens du spectacle, qui n’avait pas suffi pour faire avaler l’indigence scénaristique de SPEED. Ici, il montre une chaleur humaine inattendue qui lui permet d’enrichir considérablement TWISTER et d’en faire autre chose qu’une spectaculaire pompe à fric de plus.

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