Twarz

Jacek est le fils le plus jeune d’une famille d’éleveurs et de fermiers. Voulant partir en Angleterre, il fait un peu office d’extra-terrestre dans sa famille et dans la région. Il fait partie de l’équipe qui construit une statue d’un Christ-Roi de plus de 33 mètres de hauteur à côté de la ville de Świebodzin.

Dès le début, on sent intuitivement que TWARZ (Mug) de la réalisatrice Malgorzata Szumowska va être un portrait subtilement à charge contre l’église et la religion. Ce jeune personnage aux longs cheveux et à la barbe peu fournie (très proche de l’iconographie christique), qui veut quitter sa Pologne natale, symbolise le renouveau, le futur fils prodigue et en même temps celui qui bouscule les traditions, le plus drôle étant sans doute qu’il travaille sur le chantier de construction de ce monument à la gloire de Jésus.

Mais ce n’est pas tout, car le jeune homme, personnage central du récit, va tomber de l’échafaudage du chantier dans le corps creux du Christ en construction. Il en réchappera, devenant ainsi une sorte de miraculé, mais sera défiguré. Après une greffe de visage, son entourage le prend pour un autre et refuse de voir en ce monstre le Jacek d’autrefois (sous-entendu le personnage ressemblant à Jésus).

Souffrant d’une crise d’identité, Jacek le miraculé, perd son identité et symbolise dans le récit le personnage révélateur des problèmes ambiants. Malheureusement, TWARZ (littéralement “la face”) ne creuse pas ce sujet de troubles d’identité qui aurait pu être le point de départ d’une analyse fine renforcée par le côté critique religieuse légèrement surréaliste et humoristique. Et l’ensemble du film se ressent de cette orientation de son récit…

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