True Crime
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True Crime

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Jugé Coupable

Equipe:
Durée : 127’
Genre:
Date de sortie: 20/04/1999

Cotation:

5 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Steve Everett est un reporter à la réputation sulfureuse, un cabochard, un redresseur de torts affublés de bien des travers. Des femmes (de ses collègues) à l'alcool, il collectionne les emmerdes comme d'autres les timbres. Sa vie privée, tout comme sa carrière professionnelle est en balance pour cause d'adultères répétés. Bref, c'est pas la joie. Surnageant dans les problèmes à multiplication, il est chargé de reprendre une enquête interrompue. Celle-ci le mènera dans le couloir de la mort à la rencontre de Frank Beechum qui vit ses dernières heures. Tête baissée et avec son flair pour unique atout, il se lance dans une nouvelle croisade: prouver l'innocence de cet homme et l'arracher à la mort.

 

Notre critique:

Depuis WHITE HUNTER, BLACK HEART, Clint Eastwood alterne avec la régularité d’un métronome les films intimistes et les productions dites plus commerciales. Après Go, on attendait de lui un thriller de plus (au demeurant toujours aussi plaisants). Avec TRUE CRIME, sa 21ème réalisation, il essaie de réunir deux publics. Si la veine scénaristique se veut beaucoup plus ouverte que la plupart des ses films intimistes, Eastwood investit son film en s’y projetant corps et âme.

Sacré Clint, toujours là pour nous surprendre. Sur base d’un scénar facile mais bien ficelé, il tisse un (auto?) portrait des plus savoureux. Clint amateur de femmes et de booze (de la gnole, quoi), il se glisse dans le système américain pour mieux l’égratigner. La justice expéditive en prend un coup tout comme les valeurs religieuses. Et il le fait avec intelligence, en se mettant en avant-plan et en s’accusant de quelques défauts: une relation familiale désastreuse, des rapports professionnels tendus, pas ou peu d’amis… Rien ne défend ce personnage en marge d’une société qui marche. Et pourtant grâce à son sens aigu de la litote, il dénonce ses travers. L’individualiste héroïque démontre en suggérant. En deux plans, il détoure des personnages écorchés mais attachants. De la femme délaissée à son roublard de patron (le croquignolesque James Woods), il s’entoure d’eux pour mieux s’isoler et se transformer en Don Quichotte moderne. Avec TRUE CRIME, Clint Eastwood a atteint un juste milieu, où le compromis (l’histoire et la fin) n’est que prétexte à un étalage de principes. Un désenchantement enchanteur…