Tout s’est bien passé

Tout s'est bien passé

Un père de famille, un patriarche pour ses deux filles, un homme dont la superbe ne s’est jamais démentie se retrouve diminué suite à un accident vasculaire cérébral. Après ÉTÉ 85, François Ozon revient donc l’époque contemporaine pour aborder une fois de plus, dans TOUT S’EST BIEN PASSÉ, la cellule familiale, une de ses grandes thématiques, souvent prétexte à approfondir l’esprit humain et ses éventuelles dérives.

Ici, il profite de la brisure d’un homme qui tenu ses deux filles à la baguette pour analyser comment l’une d’entre elle va s’émanciper sur le tard et non sans mal.

Car Emmanuèle, interprétée par une Sophie Marceau assez en retenue, ainsi que sa soeur (la magnifique Géraldine Pailhas) sont d’une certaine façon victime de la perversité de leur père. Elles ne parviennent pas à s’affranchir de ce rapport amour/haine que François Ozon observe particulièrement chez Emmanuèle. Cette dernière parviendra toutefois à enfin voir son père tel qu’il est sans doute car cette fin de vie l’a enfin rendu plus humain qu’il n’a jamais été auparavant.

On peut par contre reprocher au réalisateur français une certaine froideur dans son approche comme si le côté médical du récit l’oblige à s’extraire un peu de l’émotion du sujet principal. Cela se ressent à de nombreuses reprises et met le spectateur dans une balance entre l’observation froide et l’interaction plus empathique.

Bourré d’un humour du désespoir, TOUT S’EST BIEN PASSÉ n’est sans doute pas le meilleur film de Ozon à ce jour mais son approche complexe et sophistiquée de ce mélange entre état de santé et rapport aux autres est tout à fait intéressant et mérite sans aucun doute de voir le film. La remarquable prestation de André Dussollier (BOITE NOIRE, TANGUY, LE RETOUR) parfaitement grimé pour l’occasion ajoute aussi à l’intérêt de cette vision.

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