Too Much Flesh
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Too Much Flesh

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 100’
Genre:
Date de sortie: 28/08/2001

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Dans un trou paumé de l’Illinois (oui je sais c’est un pléonasme) Lyle paysan un peu simplet, grâce à un mariage arrangé pour des histoires de gros sous, possède toutes les terres du coin.Bien que riche tout cela ne l’empêche pas d’être la risée du village à cause d’une histoire de gros sexe. En effet une rumeur veut que l’anatomie de ce dernier soit de taille anormale ce qui explique qu’Amy sa bigote de femme se soit toujours refusée à lui et qu’à 35 ans, il n’ait jamais pu goûter aux plaisirs de la chair. Mais Juliette une jeune française qui n’a pas froid aux yeux (ni au reste), venue se perdre dans le coin va vite remédier à tout ça et initier notre brave Lyle aux joies de la liberté sexuelle. Inutile de dire que ce genre de comportements au pays du puritanisme et de l’hypocrisie, ne va pas faire l’unanimité et passer comme une lettre à la poste (et là c’est un euphémisme).

 

Notre critique:

En 1989, toutes palmes dehors alors qu’il préférait déjà au sourire de Rosanna Arquette la compagnie des dauphins, la carrière débutante de Jean-Marc Barr promettait un avenir fulgurant loin des profondeurs du GRAND BLEU. Mais refusant de se prendre les pieds dans le tapis rouge qui se déroulait devant lui, ce dernier à préféré tourner le dos au chant langoureux des sirènes hollywoodiennes préférant satisfaire ses désirs créatifs. Sa rencontre avec un grand gaillard danois le persuadant que c’était bien hors du système qu’était la meilleure façon de faire du cinéma. C’est à partir des règles du DOGME de ses copains Vinterberg et von Trier que son idée du « trilogie de la liberté » est née. En 1998, LOVERS, son premier volet bancal et imparfait, prônait la liberté de s’aimer, faisant pour l’occasion d’Elodie Bouchez sa muse pour les épisodes à venir. Dans ce deuxième volet qu’est TOO MUCH FLESH (trop de chair, donc) c’est la liberté de faire l’amour qui est cette fois mise en avant. Comme le premier il est tourné en numérique et transposé ensuite en 35 mm (le kinéscopage, pour les spécialistes) et l’ami Jean-Marc est à nouveau devant et derrière la DV secondé par son fidèle collaborateur Pascal Arnold qui cette fois empoigne aussi la caméra.

Tourné à la sauvette dans le Middle West de son enfance avec pour figurants des autochtones puritains et sectaires à souhait ou encore quelques cousins, son film célèbre la liberté sexuelle et l’éloge du plaisir charnel. Tout comme les décors naturels bucoliques et champêtres de la région, les costumes c’est certain n’ont en rien grevé le budget réduit de la production. Car c’est la majeure partie du temps à poil qu’Elodie et Jean-Marc (alias Juliette et Lyle) baguenaudent dans les pâturages et jouent à se tripoter dans les champs de maïs faisant fi des commentaires et des regards inquisiteurs. Et c’est là que l’on se dit que Jean-Marc Barr doit être un grand naïf pour s’embarquer dans cette histoire qui ne craint ni le ridicule ni le narcissisme. Certes les personnages débordent de générosité et d’innocence et le soleil de plomb donne de jolies couleurs aux vastes étendues mais le scénario maladroit et prévisible nous laisse incrédules. Et ce ne sont ni le sourire d’Elodie, ni les fesses de Jean-Marc qui y changeront quelque chose. Rendez-vous tout de même pris pour le 3ème volet (BEING LIGHT) tourné en Inde et abordant pour conclure le thème de la liberté de penser.