Tonka

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Genre:
Date de sortie: 01/07/1997

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Elle, c'est Tonka. Un bel animal sauvage, vif comme l'éclair. Tonka, c'est un état de grâce, d'une force et d'une lucidité déstabilisante. Tonka, c'est la vie qui court à l'orée des pistes d'atterrisage de Roissy. Tonka, elle est belle, elle vient d'Inde et elle vit dans une boîte de coca. Tonka, elle ne pense qu'à vivre au jour le jour. Elle est lancée dans une vie pleine de petits plaisirs en attendant d'en découvrir un plus grand...

Lui, c'est le sprinter. Il est sur le retour; il en a marre, il ne sait plus ce qu'il veut dans la vie. Il ne sait plus après quoi il court. Il court peut-être après Tonka...

 

Notre critique:

Premier film en tant que réalisateur, TONKA est surtout le bébé d’Anglade. Le film dont il a rêvé au cours de ses voyages et plus particulièrement de celui qui le mena sur le plateau de NOCTURNE INDIEN d’Alain Corneau. TONKA, c’est le film d’une rencontre peu probable mais très attrayante. Cette rencontre, c’est celle de deux personnes et non de deux mondes (ou si peu). Ces personnages sont opposés par leurs ryhtmes de vie. Ici, la fracture sociale émanant de leur milieu respectif ne prend qu’un tantinet de place dans leur relation. Ces personnages se respectent et s’apprennent leur vision du quotidien.
TONKA, c’est la renaissance d’un homme grâce aux yeux d’une femme. Une femme de vingt ans qui semble détenir la vérité, désarçonnant cet homme à la recherche de sa vérité. TONKA, c’est la fusion de deux êtres qui évitent la passion pour engendrer une construction.
Cette histoire d’amour sur fond (très secondaire) d’athlétisme révèle deux acteurs à l’état pur en osmose avec leur rôle. Tout semble s’effacer devant leur désir immuable de l’autre.
Le couple Jean-Hugues Anglade/Pamela Soo (tant à la ville qu’à l’écran) réussit à nous surprendre et nous offre une prestation pleine de fraîcheur, de sensibilité et de complémentarité.

Arborant la double casquette d’acteur/réalisateur, Anglade tient bien son film ou plutôt son histoire. Après une vingtaine de réécritures du scénario, il est arrivé à concrétiser son désir. TONKA est un tête à tête entre elle et lui (le sprinter, mais également nous, vous), rien de plus.
Anglade ne réussit pas totalement à éclipser les artifices extérieurs prétextant au croisement des deux comédiens. Il ne nous évite pas certaines séquences d’entraînements très dispensables au récit. Cette maladresse porte préjudice à son film tout comme certaines séquences très « carte postale ».

TONKA est un très agréable film minimaliste où le plaisir naît du partage des personnages avec le public.

Ne négligez pas l’interview fleuve que monsieur Aglade nous a accordée.