The Zone of Interest

The Zone of Interest

THE ZONE OF INTEREST démarre sur le titre du film sur fond noir, titre qui peu à peu se fond dans le noir de l’arrière plan. Ce n’est qu’après de longues secondes d’un écran quasi noir qu’un paysage idyllique apparaît, renforçant ainsi l’impression de paradis et de tranquillité.

Ces premières secondes du film symbolisent subtilement tout son propos. Toute la noirceur du camp en arrière fond d’une maison blanche au jardin luxuriant. La maison est celle du commandant Rudolf Höss, de sa femme Hedwig et de leur charmante famille. Le camp au-delà du mur de séparation est celui d’Auschwitz.

A partir de là, tout est dit. Le réalisateur Jonathan Glazer (UNDER THE SKIN) va pendant 1h45 nous montrer ce que la philosophe Hannah Arendt a qualifié de « banalité du mal » lors du procès Eichmann. Avec son procédé glaçant qu’il décline tout au long du film, Glazer suit la vie ordinaire de la maison avec son personnel de maison, sa vie familiale et ses aléas domestiques sans jamais montrer la vie à l’intérieur du camp.

En jouant sur les dialogues et les sons en provenance du camp, Jonathan Glazer parvient à glisser ce qui se passe derrière le mur sans aucune image, rendant ainsi à l’imagination du spectateur le pouvoir de combler cette absence d’images.

C’est Sandra Hüller que l’on a vu dans ANATOMIE D’UNE CHUTE ou dans TONI ERDMANN qui joue cette femme insensible, parfaitement en phase avec son Rudolf de mari, interprété par Christian Friedel. Tous les 2 aussi glaçants l’un que l’autre, ils participent bien sûr à distiller cette horreur ordinaire.

Si la puissance de cette mise en scène est indéniable, elle oblige aussi à trouver une fin à la hauteur du propos et c’est aussi cela qui fait du film une vraie réussite, c’est de parvenir jusqu’aux dernières images à nous suggérer l’horreur sans jamais nous la montrer.

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