The Ugly
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The Ugly

par Christophe Bruynix
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 93’
Genre:
Date de sortie: 18/11/1997

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

THE UGLY (Paolo Rotondo) - l'affreux, le laid, le repoussant - est un tueur en série, maniaque du rasoir, enfermé dans un asile étrange dont le directeur (Roy Ward) aurait plutôt sa place parmi les pensionnaires. Une experte (Rebecca Hobbs) déléguée par un tribunal vient l'interroger. De cette conversation dépend la décision du tribunal: the ugly sera déclaré responsable de ses actes ou non. Le tueur raconte tout, depuis son enfance jusqu'à ses derniers meurtres...

 

Notre critique:

Le cinéma de Nouvelle-Zélande est comme une marmite de talent remplie à ras-bord. Elle bouillonne. Elle fume. Comme au bord de l’explosion. Et elle n’a pas encore révélé tous ses secrets. Après nous avoir offert l’émouvante Jane Campion (THE PIANO), le poignant Lee Tamahori (ONCE WERE WARRIORS) et le délirant Peter Jackson (The Frighteners), voilà qu’elle nous exporte un formidable Scott Reynolds. Un jeune réalisateur de 29 ans, déjà plusieurs fois primé pour ses courts-métrages, qui se lance dans l’aventure du long avec une oeuvre fascinante: THE UGLY.

Sujet tarte-à-la-crème en apparence. Mais l’originalité du traitement l’éloigne radicalement d’un serial killer de plus. Pendant la confession, passé, présent, fantasmes se mélangent au sein d’une même scène. Parfois même – de manière totalement déconcertante – dans un même plan (1) . Si bien qu’on ne connaît plus la frontière entre cauchemar et réalité. Réalité qu’on peut difficilement qualifier comme telle tant l’utilisation déroutante des couleurs la pervertit. L’asile psychiatrique est d’un bleu azur des plus aberrants et le sang des nombreuses victimes coule à flots épais et noirs (2) . EraserLe principe n’est pas tout à fait original, il avait déjà été utilisé par Richard Fleisher dans son ÉTRANGLEUR DE BOSTON (1968). Alors que Fleisher mettait les différentes époques en parallèle grâce à des split screen, Scott Reynolds les « téléscope » carrément dans une même image. (retournons peler nos oignons)

(2) Reynolds a dû rendre son sang irréaliste pour échapper à la censure. Un mal pour un bien: cela rend THE UGLY plus terrifiant encore. (retournons peler nos oignons)