Accueil Critiques The Portrait Of A Lady

The Portrait Of A Lady

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Portrait D'Une Femme

Equipe:
Durée : 143’
Genre: Drame psychologique
Date de sortie: 04/02/1997

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

En 1872, Isabel Archer (Nicole Kidman), une jeune américaine orpheline à l'esprit libre et aventureux, vit chez son oncle (Sir John Gielgud), en Angleterre. Refusant plusieurs propositions de mariage et ignorant l'amour que lui porte son cousin Ralph (Martin Donovan, un des acteurs fétiches de Hal Hartley), Isabel se lie d'amitié avec Serena Merle (Barbara Hershey), une amie de la famille. Malheureusement, cette dernière, forte de son ascendant sur la jeune fille, va en profiter pour la jeter dans les bras de son ancien amant: Gilbert Osmond (John Malkovich), un oisif cultivé et machiavélique...

 

Notre critique:

Depuis ses débuts en 1984, la néo-zélandaise Jane Campion s’est faite le chantre des femmes au caractère fort, voire étrange, décrivant les interactions de celles-ci avec leur milieu familial et social. SWEETIE, AN ANGEL AT MY TABLE ou THE PIANO sont les trois dernières émanations de ce parcours cinématographique sans faute… Avec THE PORTRAIT OF A LADY, Jane Campion aborde les mêmes thèmes.

Adapté d’un roman de Henry James, THE PORTRAIT OF A LADY se dessine clairement comme un remake du DANGEROUS LIAISONS de Stephen Frears, la ressemblance étant poussée à l’extrême, puisque le rôle de Malkovich est carrément une redite de celui qu’il avait en tant que Vicomte de Valmont. Mais là s’arrête la ressemblance car, au contraire de Stephen Frears, Jane Campion a raté sa mise en scène. Au lieu d’être fluide ou de favoriser le mystère, elle est maniérée (les gros plans sur des détails vestimentaires ou mobiliers) et inconsistante (les plans filmés de travers ou encore les inserts noirs et blancs filmés façon ‘début de siècle’). Jamais, au grand jamais, elle n’est au service ni de l’histoire, ni même des acteurs.

Mais le désastre ne s’arrête pas à la simple mise en scène: il se poursuit avec des dialogues plats dans lesquels réside, à peine masqué et souvent à contre-temps, tout le non-dit du récit.

Alors, que reste-t-il ? Des actrices et des acteurs heureusement excellents, qui tentent de tirer parti d’un récit de manipulations relativement inintéressant. Avec une Nicole Kidman tout à fait à l’aise dans le rôle de la jeune américaine naïve mais libre, féministe avant l’heure, un Malkovich au regard diabolique à souhait et une Barbara Hershey mûre et assoiffée de vengeance, la distribution est sans faute.

Tout ce que l’on peut donc espérer à la sortie de la salle, c’est que Jane Campion se reprenne et se relance dans les sujets magiques qui ont marqué ses débuts…