The New World

The New World

Terrence Malick fait partie de cette espèce de réalisateurs américains en voie de disparition: discret, faisant peu de films (5 en plus ou moins 35 ans!) mais aimant les faire bien. Sa préoccupation majeure (et louable) reste toujours l’interpénétration entre l’homme et la nature quel que soit son sujet (la guerre, la cupidité, la colonisation, etc).

Ses défauts résultent aussi de cette préoccupation. Contemplatif jusqu’à l’ennui, observateur introspectif jusqu’à la répétition à n’en plus finir, Malick charme et agace à la fois. THE NEW WORLD échappe encore moins à ces défauts que ses autres films d’autant plus que l’on commence à s’habituer au maniérisme de son auteur. Les longs plans sur la nature (hostile ou non), la voix-off et des dialogues minimalistes de son nouveau film de plus de 2 heures ne parviennent pas à emmener le spectateur avec lui dans sa réflexion.

Bien sûr le personnage de John Smith (Colin Farrell) est intéressant: mystique, homme aux idées en avance sur son temps, vivant à la limite de l’utopie et qui n’échappe pas à l’idée simpliste du ‘bon sauvage’ n’ayant pas de jalousie, d’envie; il semble être une sorte de porte-parole de son auteur-réalisateur. Et la comparaison de la douceur de vivre des ‘natifs’ comparée à l’horreur indicible de la vie des ‘civilisés’ qui, en cherchant de l’or, en oublient de vivre, finit au fil du film par devenir fort réductrice. Il en va de même de la descente aux enfers de la princesse indienne et de sa rencontre avec le monde civilisé, très caricaturale.

Pour conclure, c’est vrai que l’on est loin du POCAHONTAS de Disney (qui traitait en fait de la même histoire ‘vraie’), et ce serait probablement tant mieux, si les tics de Terrence Malick ne renforçaient pas le côté manichéen simpliste du récit, qui énervera plus d’un spectateur…

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