Titre français : Le Marchand de Venise
Equipe:
Durée : 138′
Genre: Comédie dramatique
Date de sortie: 02/05/2006
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Venise, 1596. A cette époque, les juifs sont mal vus car ils pratiquent l’usure interdite par l’Eglise. Ils vivent dans un ghetto dont ils ne sortent que couverts d’un chapeau rouge. C’est dans ce contexte tendu qu’Antonio, un marchand, demande un prêt au juif Shylock pour aider son ami Bassanio…
Notre critique:
L’adaptation d’une pièce de théâtre au cinéma n’est pas une nouveauté, loin s’en faut, puisque depuis les débuts du cinéma, des milliers de films se sont inspirés des grands classiques et notamment de ceux de Shakespeare. Mais entre un ROMEO + JULIET de Baz Luhrman et un ROMEO AND JULIET de Franco Zeffirelli, les possibilités d’adaptations et de mises en scène sont bien sûr infinies.
Pour son MERCHANT OF VENICE, Michael Radford (IL POSTINO) a choisi le classicisme soigné se gardant bien de partir vers un modernisme qui aurait pu desservir le propos. Avec un grand soin apporté à chaque plan et un casting bien pensé, Radford a su préserver la virulente critique shakespearienne d’une société au travers d’un être (le juif Shylock) qui renvoie toute l’abjection de celle-ci à ses concitoyens.
En mettant Al Pacino face à Jeremy Irons, le réalisateur-scénariste a aussi su faire la juste balance entre la bonté naïve d’Antonio et la revancharde attitude d’un Shylock bafoué par une époque et une ville bien pensante.
Si certains pourraient voir dans cette pièce une critique virulente des milieux juifs de Venise, il faut plutôt y voir une dénonciation ferme d’une époque et d’une cité profondément et hypocritement antisémite dont Shylock est la victime aveuglée par une vengeance sans pitié. Et le film, merveilleusement servi par une photographie impeccable, explore des thèmes aussi fort que l’amour face à la loyauté aveugle ou la passion face à une raison par trop financière, thèmes qui resteront encore d’actualité pendant bien longtemps, hélas…
