The Man In The Iron Mask
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The Man In The Iron Mask

par Christophe Bruynix
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : L'Homme Au Masque De Fer

Cotation:

3/ 6

Si vous avez manqué le début:

Louis XIV a enfermé son frère jumeau en prison et l'oblige à porter un masque de fer, Louis est fourbe et cruel, son frère est tout le contraire. Heurement les 3 mousquetaires - qui sont quatre - vont remettre de l'ordre dans tout ça.

 

Notre critique:

J’ai violé l’histoire, disait Alexandre Dumas, mais voyez les beaux enfants que je lui ai faits! En suivant cette idée, THE MAN IN THE IRON MASK ferait plutôt sale moutard, avec un doigt dans le nez, les cheveux en l’air et des 0/20 à foison dans son bulletin. Mais on pourrait difficilement lui en vouloir, parce qu’il a de très beaux yeux.

Côté histoire, THE MAN IN THE IRON MASK se permet des dérives sidérales que même Dumas n’aurait pas osées, et témoigne d’incompréhension manifeste de l’histoire de France par l’autre côté de l’Atlantique. « Louis XIV, grand souverain parce qu’il mit fin à la famine et qu’ainsi il fut aimé par son peuple pendant son long règne. ». Et puis quoi encore? (1). Le cinéma populaire contribuant aussi à façonner les connaissances du spectateur moyen, c’est grâce à ce genre d’affirmations idiotes qu’on entretient une inculture insidieuse.

Côté histoire, par contre, tout roule. Oui, on vibre pour d’Artagnan (Gabriel Byrne), amoureux de la reine-mère (Anne Parillaud) ! Oui, on pleure pour Athos (John Malkovitch), qui perd son fils dans une bataille ! Oui, on se passionne pour les complots d’Aramis (Jeremy Irons) ! Oui, on rit de la déprime hénaurme de Porthos (Gérard Depardiouu, plus proche d’Obélix que de Porthos d’ailleurs) ! Oui, on s’insurge contre le sort du malheureux jumeau de louis XIV (Leonardo Di Caprio 1 et 2), caché par l’infamant masque de fer ! Randall Wallace -scénariste- aime ses personnages. Il aime leurs aventures feuilletonnesques en diable. Son plaisir de conteur se communique aux acteurs et aux spectateurs.

Si bien qu’il parvient à masquer la mollesse hésitante de la mise en scène de Randall Wallace-réalisateur. Des combats rares où ça feraille mou voire pas du tout – un comble pour le genre ! Beaucoup de parlote, tantôt dans un palais chargé de dorures, tantôt dans un studio qu’on essaie à peine de faire passer pour une forteresse, à coup de murailles en polystyrène et de fonds peints. Tout ça filmé de la manière la plus statique qui soit: il suffit qu’un personnage fasse un pas pour que le montage s’affole. Et dès qu’on sort une épée, panique dans l’action : elle devient tout simplement illisible !

Mais on s’en fiche! Car même s’il n’est pas à l’aise derrière une caméra, Wallace parvient à faire vibrer cette corde romantique qu’on a oubliée ou dont on n’ose pas s’avouer l’existence. C’est suffisant pour qu’on pardonne les longueurs et les bêtises de MAN IN THE IRON MASK.

(1) Jusqu’à preuve du contraire, la grandeur de Louis XIV vient surtout de ses guerres incessantes et de sa vie de cour fastueuse destinées à maintenir la noblesse à sa botte. Que le peuple nourrisse l’armée et paie ses impôts, pour le reste, qu’il crève. Les famines sous son règne étaient nombreuses et catastrophiques. On dut d’ailleurs l’enterrer de nuit, à la sauvette, pour éviter de provoquer des manifestations de joie populaire.

 

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