The Glimmer Man

The Glimmer Man

Dans la catégorie « franchement gonflé », Steven Seagal, vient de se faire une place de choix. Pour faire avaler sa dernière production, il n’a pas hésité à repomper, à l’image près, la mise en scène de SEVEN. Après un générique sophistiqué, façon clip glacé, on se les gèle sous une pluie battante, on baigne dans la lumière sépia, on a même droit à des cadrages agités en diable avec un flou étudié.

Assez couillu quand même. Mais d’une certaine façon payant car, pour la première fois dans la carrière de Seagal, son film a de la gueule, visuellement parlant. Il en faut pour faire digérer le brouet habituel qui sert d’histoire.

Est-ce après de nombreux reproches de débilité de ses productions que Steven Seagal s’achète un brin d’honorabilité? Non seulement il joue la carte de la référence prestigieuse (SEVEN), mais en plus il se paie des guest-stars venues d’une galaxie cinématographique qu’il n’atteindra certainement jamais: il s’offre le concours de Bob Gunton (l’excellent directeur de prison de THE SHAWSHANK REDEMPTION) et de l’Anglais Brian Cox (qu’on a vu dans MANHUNTER de Michael Mann et dans HIDDEN AGENDA de… Ken Loach!!!). Cela donne aux répétitives confrontations bon/méchant une certaine subtilité. Lorsque Joel Cox est torturé bêtement par Seagal sous un pont d’autoroute, il apporte à la scène ce qu’il faut de véritable douleur et de cynisme ricanant. Si, si.

Enfin, pour la première fois, Steven Seagal se tourne en dérision. Ca n’a pas la portée des remises en question spectaculaires de l’ami Arnold dans LAST ACTION HERO ; bien sûr que non. Mais c’est un début. Un frémissement de second degré… Il voudrait se détacher de cette image de gros cogneur à queue de cheval. Son personnage s’exerce au dialogue décalé lors des grosses bastons. Il se présente comme bouddhiste (que Seagal dit être dans la vie), pratique le chinois sans accent, cite des philosophes orientaux, mange des produits naturels et se veut pacifiste. « Je ne me bats pas, c’est contre ma religion » dit-il cinq minutes avant d’écrabouiller quelques tronches avec force craquements osseux et maintes giclures écarlates. Steven Seagal résout ses problèmes de conscience morale comme il veut. Cette manière-là a un côté comique-buldozer. Involontairement? Pas si sûr.

Attendez… Attendez! Mise en image particulière? Humour? Interprétation intéressante des seconds rôles? Second degré? Est-ce que je ne suis pas en train de dire que GLIMMER MAN est un bon film? Après Van Damme et The Quest, si Steven Seagal se met aussi à faire des bons films, où va-t-on? Je vous le demande, où va-ton?!

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