The Eternal Daughter

The Eternal Daughter

On doit à Joanna Hogg depuis 1987 de nombreux épisodes de séries télévisées et des téléfilms mais on lui doit surtout un très bon doublé en long métrage THE SOUVENIR et THE SOUVENIR: PART II, d’habiles histoires de film dans un film.

Avec ce THE ETERNAL DAUGHTER, Joanna Hogg aborde un autre genre, celui du fantastique, ce « vrai » fantastique qui consiste à faire déraper la réalité peu à peu dans une sorte de réalité parallèle pour quelque part y perdre le spectateur.

Jouant à fond la carte de l’étrange, la réalisatrice:scénariste nous embarque avec les deux protagonistes (la mère et la fille), toutes deux jouées par une Tilda Swinton, une nouvelle fois exceptionnelle, le tout dans un lieu clos (un magnifique manoir), lui-même personnage à part entière du film. C’est dans ses couloirs, dans son jardin que Julie Hart, la fille, va explorer ses souvenirs, ses rapports passés avec sa mère et les regrets qui en découlent.

Si le personnage principal est, comme dans THE SOUVENIR, une cinéaste, ce n’est pas un hasard, c’est à nouveau une forme d’autobiographie ou de mise en abyme pour parler des angoisses et des questionnements de la réalisatrice vis-à-vis de son métier.

Film lent, répétitif et jouant sur la distanciation du spectateur, sur des effets miroirs permanents pour augmenter la confusion, THE ETERNAL DAUGHTER est subtil avec une mise en scène au cordeau qui risque de scinder l’audience en deux camps: ceux, celles qui aiment, et celles, ceux qui détestent. Et c’est souvent l’apanage des bons films!

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