The Da Vinci Code

The Da Vinci Code

Et le voilà enfin… On en aura beaucoup parlé, surtout vis-à-vis de ses implications avec l’Eglise et l’Opus Dei, mais pas beaucoup à propos de ses qualités filmiques. Et pour cause puisque la production et les distributeurs se sont bien entendus pour ne dévoiler ce petit miracle cinématographique à la presse que le jour avant sa sortie… En général, ce genre de façon de procéder relève du simple merchandising et cache souvent les défauts probables d’un film.

Alors plutôt que de continuer à polémiquer ou d’amplifier le côté mercantile, parlons de THE DA VINCI CODE, le film… Adapté du roman de Dan Brown par Akiva Goldman, connu notamment pour ses scénarios de BATMAN FOREVER et BATMAN & ROBIN, ce blockbuster bénéficie avant tout d’un casting riche et international dans lequel on retrouve -côté français- Jean-Pierre Marielle, Audrey Tautou, Jean Reno et -côté anglo-saxon- Tom Hanks, Ian McKellen et Alfred Molina. Mais, soyons clairs, si le casting est chic, il répond plus à une volonté d’attirer le plus large public plutôt que de répondre à un besoin d’acteurs de qualité. En effet, l’histoire de THE DA VINCI CODE ne fait pas la part belle aux rôles et aux acteurs et hormis Audrey Tautou ou Ian McKellen qui tirent un peu leur épingle du jeu, les autres sont quelque peu transparents.

Quant au récit lui-même, il repose principalement sur un gigantesque jeu de piste lancé dès le début du film, jeu de piste qui multiplie les rebondissements et les retournements pour flatter l’enfant avide de jeux mystérieux qui sommeille en chacun de nous. De ce point de vue, le film fonctionne plutôt bien. Malheureusement, la répétition du procédé « Sophie Neveu et Robert Langdon trouvant un indice sont rejoints par la police mais parviennent à s’échapper » finit franchement par fatiguer à la longue, et surtout atténue fortement l’effet de surprise. Autre souci et de taille celui-là: si le roman était certes peu vraisemblable et bourré de ‘trous’, l’imagination du lecteur faisait le reste. Au cinéma, il n’en va pas de même et les invraisemblances scénaristiques se révèlent au grand jour (avez-vous déjà vu une banque ouverte la nuit, vous?) et la conclusion finale achève cet aspect ‘n’importe quoi’ qui caractérise globalement le film.

Alors que reste-t-il, me direz vous? Un film divertissant s’il est pris au premier degré et si l’on passe sur une certaine indigence de Ron Howard à réaliser les deux ou trois scènes d’action (la poursuite en voiture est vraiment mauvaise). En tout cas il reste un film qui ne mérite certainement pas la polémique religieuse et sulfureuse qui l’entoure et encore moins le marketing outrancier et agaçant qui nous matraque depuis quelques semaines…

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