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The Chamber

par Jean-Dominique Quinet
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 111’
Genre:
Date de sortie: 12/08/1997

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Un jeune avocat opposant a la peine de mort doit plaider un cas particulièrement epineux: celui de son grand-père, qui doit etre execute pour avoir commis un attentat à la bombe ayant entraine la mort de deux enfants.

 

Notre critique:

Gene Hackman est une légende du cinéma. Son premier rôle date de 1961 dans MAD DOG CALL. Dans les 36 années qui ont suivi, il a prêté son faciès inquiétant à une impressionnante galerie de personnages tordus et vicelards : savants psychopathes, PDG verreux, flics ripoux et revenchards ou crapules ignobles sans foi ni loi. Il a atteint l’extrême dans THE QUICK AND THE DEAD (Sam Raimi), où il incarne un hors-la-loi impitoyable qui n’hésite pas à abattre son propre fils pour asseoir son pouvoir. Ces rôles sombres n’ont pas empêché l’acteur de briller dans des comédies plus légères, telles que THE BIRDCAGE ou GET SHORTY. Gene Hackman sait tout faire, et a tout fait.

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Et pourtant, il sait encore nous étonner. Pour preuve, son interprétation de Sam Cayhall dans THE CHAMBER. Sam est un ancien membre du Ku-Klux-Klan. Il est condamné à mort pour un attentat raciste qui a coûté la vie à deux enfants juifs. Hackman nous sert un répertoire tout en finesse, plongeant son personnage dans le doute et le regret. Véritable virtuose, il passe d’une émotion à l’autre avec un naturel désarmant. A ses crises de rage succèdent des silences perplexes, à fleur de peau. Gene Hackman était le seul à pouvoir insuffler une étincelle d’humanité dans une personnage aussi sombre. Le seul à pouvoir nous bouleverser lorsque Sam trouve sa rédemption. Chapeau!

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A ses côtés, on trouve Chris O’Donnell, alias D’Artagnan dans THE THREE MUSKETEERS ou Robin dans BATMAN & ROBIN. Deux références qui laissent les cinéphiles perplexes. Et pourtant, inspiré par son partenaire, Chris O’Donnell se libère de la carapace superficielle qu’il traîne depuis ses débuts. Il joue Adam Hall, le petit-fils du condamné, qui tente de sauver, ou en tout cas de comprendre, son grand-père. Et il est tellement convaincant qu’il relègue en arrière-plan une Faye Dunaway éplorée et discrète.

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L’histoire de THE CHAMBER aborde tout ce qu’il y a de plus désagréable aux Etats-Unis. Elle parle de racisme, de peine de mort, de vengeance, de politique. Un concentré de thèmes délicats à manipuler. Le traitement est honnête et évite avec bonheur d’être racoleur à tout prix. Bien sûr, le sujet n’est pas nouveau. Le scénario ne brille pas par son originalité. Mais il tient la route, c’est déjà pas si mal…

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Au commande, on retrouve James Foley, le réalisateur de TWO BITS et de FEAR. Sa mise en scène privilégie les acteurs. Elle accentue les regards, les paroles. Elle donne consistance au drame humain qui déchire les différents protagonistes. Même dans les scènes anodines (une conversation en ville, par exemple), Foley réussit à fondre ses décors et ses personnages. Et parvient, avec une agilité étonnante, à ramener notre attention sur ces derniers. Il va à l’essentiel, là où d’autres se perdent dans des effets ou des décors superficiels.

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Même si THE CHAMBER est le xième film sur la peine de mort et même si il est loin d’atteindre le fabuleux DEAD MAN WALKING de Tim Robbins, il mérite le détour. Pour l’interprétation mémorable de Gene Hackman, surtout. Et pour l’étrange alchimie visuelle de ce James Foley dont on reparlera à coup sûr.